Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

vendredi, juin 24, 2005

Sarkozy


Nicolas Sarkozy: Le coup d'Etat permanent contre la République?

"Nicolas Sarkozy, Ministre d'Etat et Ministre de l'Intérieur conserve la présidence du parti politique majoritaire. L'estocade portée au pacte républicain est sévère mais n'est malheureusement pas la première depuis que Jacques Chirac règne sur le RPR et l'UMP. Là où François Mitterrand avait toujours veillé à la neutralité de l'Etat en ne nommant aucun premier secrétaire national du PS à une fonction ministérielle, Jacques Chirac accédait à Matignon en conservant la présidence du RPR. Cette première confusion affichée entre l'intérêt de l'Etat et l'intérêt d'un groupe marquait insidieusement l'affaiblissement du projet républicain.

Dès lors pourquoi dénoncer la nomination de Nicolas Sarkozy? Parce que là où Jacques Chirac a instauré un système, la Chiraquie, comme un parasite sur la République, Nicolas Sarkozy se sert de cette plaie pour la gangrener à des fins personnelles et idéologiques.

Par son retour Place Beauvau pour raisons privées, le Président de l'UMP franchit le Rubicon dont il arpentait les berges depuis quelques années à la recherche du passage le plus aisé. Pour arriver, Nicolas Sarkozy n'a jamais hésité à piétiner les principes républicains sous couvert d'une positive-attitude. Ainsi, la
laïcité n'est plus stricte mais positive et autorise l'Etat à s'ingérer dans l'organisation du Culte musulman et demain à financer sa pratique faisant fi des dérives communautaires. La discrimination n'est plus honteuse mais devient positive pour rendre comestible le racisme latent, au risque d'ôter toute reconnaissance à celui qui, d'origine étrangère, parviendrait à une réussite personnelle ou
professionnelle. La liberté, n'en doutons pas, deviendra certainement positive en restreignant les droits fondamentaux au profit de la traque des présumés voyous.

Dans la droite ligne de ces attaques, le patron de la droite française utilise désormais le marasme institutionnel d'une Vème République essoufflée. En mettant les moyens de la sécurité de l'Etat au service de ses ambitions, il méprise par avance le rôle de garant des institutions et de l'unité française auquel il aspire. Il ose ce que de Marcellin à Pasqua aucun ministre de l'Intérieur parmi les moins scrupuleux n'avait tenté même s'il emprunte leur discours et leur méthode plus proche de l'Etat policier que de l'Etat de droit. Fustigeant les décisions de justices, il agrège le pouvoir judiciaire au nombre de ses compétences autoproclamées et accable la séparation des pouvoirs au profit du populisme ambiant.

Alors que les débats constitutionnels passionnent, peut-être faudrait-il s'interroger sur la nécessaire re-fondation du socle républicain comme projet pour tous les français. L'avènement d'une VIème République. Fondée sur les trois piliers que sont Liberté, Egalité, Fraternité, elle préserverait notamment des dérives personnelles du pouvoir mais aussi mafieuses par l'instauration d'une morale et d'un statut de l'élu. Ainsi le rôle du Conseil constitutionnel pourrait être accru et sa composition revue pour mieux contrôler ceux qui portent l'exercice du pouvoir. Elle instaurerait une procédure de destitution du Président de la République. Elle interdirait définitivement le cumul des mandats et limiterait le nombre de mandats successifs. Qui plus est, elle fixerait un âge maximum pour se présenter aux élections. Elle responsabiliserait les élus en les
privant à vie de mandat pour toute condamnation infamante mais aussi en leur donnant les moyens, y compris financiers, d'assumer leur fonction. En somme elle serait républicaine.


Nous le savons, Nicolas Sarkozy se croit un destin d'Homme d'Etat. Si tel était le cas, peut-être devrait-il s'interroger sur les failles de notre organisation publique plutôt que de les utiliser. Le débat de 2007, ne devra donc pas se focaliser uniquement sur les orientations économiques ou sociales qu'il ambitionne pour la France mais aussi sur la réflexion philosophique qui l'anime pour que là où la République incarne la soudure d'un peuple, Nicolas Sarkozy n'organise pas une fracture à l'américaine.

Gardons à l'esprit qu'en tombeur de la Chiraquie, il permettra la fin d'un système mais qu'en Président de la République il augurera peut-être la fin d'un régime.

Guillaume LACROIX
Président de la Fédération de l'Ain

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