Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

vendredi, juin 17, 2005

éthique politique

De l’éthique de conviction à l’éthique de responsabilité

Max Weber opposait l'éthique de conviction, qui ne se préoccupe que du principe moral présidant à l'action sans se soucier des conséquences, et l'éthique de responsabilité qui ne se préoccupe que du résultat. Les débats qui ont ébranlé la gauche ces derniers mois semblent nous avoir renvoyé à cette dualité. La reconstruction de la gauche doit passer par une synthèse de ces deux visions.

On peut évidemment rêver d’un monde parfait. Mais la France s’est divisée sur les moyens de « changer l’Europe ». C’est en particulier la gauche qui ressort profondément divisée par le débat. Les hommes et les femmes de gauche ont, dans leur très grande majorité, proclamé leur attachement à l’Europe et à sa construction. Mais deux démarches se sont opposées. D’un coté les opposants au TCE ont proclamé leur refus de tout compromis et exigé le meilleur des traités. De l’autre, les partisans du traité ont défendu la démarche des petits pas en s’appuyant sur un réformisme pragmatique. L’opposition définie par Max Weber a pris corps.

L’inattendu dans ce débat c’est l’irruption des citoyens dans le débat. Mus par l’éthique de conviction ils ont choisi de repousser le TCE. Les motivations sont nombreuses, et la première d’entres elles est sans doute le refus de se résigner. On n’accepte plus le chômage des jeunes, la précarisation des classes moyennes, la paupérisation des plus fragiles, la politique d’un président mal élu. Les partis extrémistes et certains élus ont perçu cette nouvelle réalité et l’ont transformé en « essai » politique.

Toutefois la diversité du « non » est grande. Les calculs politiques ont été masqués par l’illusion de cette éthique de conviction proclamée. L’exigence d’une « autre Europe » a été portée par des partis qui ont toujours combattu la construction Européenne. Tout cela donne maintenant l’impression d’une politique gribouille dont les conséquences sont à des années lumières des convictions affichées. Mais dans le camp du non, qui se souciait des conséquences ?

Le danger maintenant c’est le triomphe, à retardement, de Margaret Thatcher et d’une Europe livrée aux seules lois du marché. Ce n’est pas l’Europe que nous voulons. Ce n’est pas l’Europe de celles et ceux qui ont voté non. Or le referendum avait ramené vers les urnes des hommes et des femmes qui ne votaient plus. La gauche réformiste a le devoir d’entendre ces citoyens silencieux et de leur tendre la main. On ne punit pas les peuples !

Pascal-Eric Lalmy

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