Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

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Lieu : Osny, Val d'oise, France

Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

Retrouvez-moi sur mon nouveau site personnel

Lalmy 2008

vendredi, septembre 30, 2005

Les partis de gauche unis pour le 04 octobre

Cinq partis de gauche -PS, PCF, Verts, PRG et LCR- se sont réunis pour essayer de mettre au point une expression commune sur la journée du 4 octobre, la première du genre après le referendum du 29 mai où ils ont défendu des options différentes. La rencontre, mercredi soir au siège des Verts, a réuni Bruno le Roux secrétaire national du PS, Jean-François Gau, membre de la direction du PCF, Elisabeth Boyer secrétaire générale du PRG, Christian Picquet, membre de la direction de la LCR, et trois membres du collège exécutif des Verts, dont Mireille Ferri. La rédaction d'un appel commun devrait être proposée ce soir.

paru dans France Soir, vendredi 30 septembre 2005.

conseil municipal du 29/09

Le conseil municipal extraordinaire du 29/09 a adopté à l'unanimité la motion autorisant le maire à signer un bail emphytéotique avec la FMC pour lui permettre d'ériger une mosquée à Cergy.

Les débats ont été de haute tenue et d'une grande qualité. L'attachement de tout le conseil municipal aux principes et aux valeurs de la République a été rappelé par les orateurs de toutes les tendances politiques.

Les Radicaux de gauche se félicitent que la ville de Cergy ait démontré par cette délibération que l'on peut aujourd'hui accompagner l'édification de lieux de culte en France en respectant scrupuleusement la loi de 1905.

mardi, septembre 27, 2005

1905 - 2005 La laïcité au coeur de la République

Meeting laïque sur " La laïcité au coeur de la République "

Jeudi 10 novembre 2005 à 20 heures 30 à Conflans Sainte Honorine (Salle des Fêtes)

avec Eddie Ait, Président du PRG 78, Conseiller Régional d'Ile-de-France (PRG)
Brigitte Bré Bayle, Présidente de la Coordination Féministe et Laïque
Pierre Cassen, Secrétaire National de l'UFAL
Chantal Chauveau, Enseignante, Syndiquée à la FSU
Philippe Esnol, Maire de Conflans Sainte Honorine, Conseiller Général desYvelines (PS)
Richard Sheehan, Secrétaire Départemental du PCF 78
André Sylvestre, Maire de Magnanville, Conseiller Général des Yvelines

lundi, septembre 26, 2005

note sur les commentaires

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Réponse à la lettre ouverte de la libre pensée 95

Cergy, le 26 sept. 05

Monsieur le président,

Vous avez jugé utile d’interpeller les élus de Cergy au sujet du conseil municipal extraordinaire du 29 septembre 2005 portant sur le bail emphytéotique consenti à la FMC pour réaliser ses projets dans une lettre ouverte. Vous nous interrogez au sujet du respect de la loi de 1905. Vous rappelez, d’ailleurs à juste titre, l’œuvre du député radical-socialiste Ferdinand Buisson, qui présida la commission des trente-trois mise en place par Emile Combe, dans le projet élaboré et défendu par Aristide Briand, rapporteur de la commission, qui fut finalement adopté par le Sénat en 1905 et promulgué par le président Loubet le 11 décembre 1905. La loi de 1905, résultat d’une mobilisation républicaine pour parachever la laïcisation de l’Etat, constitue aujourd’hui l’une des bases fondamentales de notre pacte républicain.

Vous vous inquiétez dans votre courrier de la démarche adoptée à Cergy et vous exprimez vos craintes d’une part au sujet de l’indépendance du culte musulman à Cergy et d’autre part au sujet du financement du projet de la FMC. Je tiens, par la présente, à vous rassurer. Les élus du PRG 95 sont profondément attachés à la loi de 1905 et au principe de laïcité. Le PRG a d’ailleurs vivement réagi aux récentes attaques de la droite conduite par messieurs De Robien et Sarkozy, qui ne ménagent pas leurs efforts depuis le début du mois pour remettre en question les principes de la République. La démarche adoptée à Cergy, et soutenue par les élus PRG s’inscrit parfaitement dans le cadre de la loi de 1905. Nous démontrerons, au passage, en permettant la réalisation du projet de la FMC la mauvaise foi de celles et ceux qui invoquent la laïcité pour s’opposer aux constructions de lieux de culte en France.

La ville de Cergy respectera strictement la loi de 1905 le 29 septembre prochain. En particulier le projet qui est accompagné par la ville garantira l’indépendance du culte musulman à Cergy. Cet accompagnement prend son sens quand on a à l’esprit que les musulmans en France n’ont pas de traditions de construction de mosquée, contrairement aux catholiques ou aux protestants pour leurs lieux de cultes. Les musulmans ont un « savoir-faire » à acquérir et c’est en les accompagnant, dans le cadre de la loi de 1905, qu’on peut les aider à réaliser des lieux de culte dignes tout en préservant leur indépendance et leur liberté de culte. Contrairement à ce qu’affirme M. Sarkozy qui aimerait « mettre la main » sur le culte musulman en France pour des raisons électoralistes, les pratiquants musulmans ne demandent pas à être traités autrement que les autres ou à être mis sous tutelle. Notre neutralité, tout comme celle de Ferdinand Buisson n’est que confessionnelle, et comme vous le rappelez justement dans votre courrier les musulmans sont aujourd’hui, en France, victime de vexations quant à la pratique de leur religion. Il y a pour l’honnête homme matière à réflexion face à cette situation, nous ne pouvons nous résoudre à accepter la fatalité. Il convient donc de donner à nos concitoyens de confession musulmane toutes les informations et tous les conseils dont ils ont besoin pour conduire à bien leur projet. Comme vous pouvez le constater nous nous inscrivons dans une démarche constructive en « apprenant à pêcher à l’homme qui a faim ». Au sujet du financement de ce projet vous vous inquiétez de savoir si la ville emploiera les deniers publics pour aider, d’une manière ou d’une autre la FMC dans la réalisation de son projet. Permettez-moi donc de vous rassurez au sujet du bail emphytéotique. Comme vous le savez, celui-ci ne peut conduire à un appauvrissement de la commune et à un enrichissement de la FMC, ce qui serait contraire à la loi. Le bail qui sera proposé jeudi soir ne concédera pas comme vous l’affirmez un terrain pour un euro. En plus de l’euro symbolique la FMC devra s’acquitter d’un loyer calculé sur la base de ce qui se fait communément. De plus, à l’issu du bail, s’il n’est pas renouvelé, la ville récupérera son terrain. Il ne s’agit donc en aucune façon d’un « tour de passe passe juridique ». Quant à l’Espace des arts et des cultures du Monde, celui-ci n’a pas vocation à être une coquille vide. Il fait partie des équipements culturels dont les Hauts de Cergy ont aujourd’hui besoin. Il offrira des espaces, qui font actuellement cruellement défauts, pour les associations culturelles et ce sera un équipement public, dont j’espère, vous aurez l’usage.

Comme vous l’aurez compris je voterai jeudi soir la motion autorisant M. le Maire à signer un bail emphytéotique avec la FMC pour mettre à sa disposition le terrain nécessaire à la réalisation de ses projets. Il s’agit d’un acte important, car d’une part il contribuera à démonter les arguments du ministre de cultes contre la loi de 1905 et l’obstacle qu’elle constituerait à l’intégration de nos concitoyens de confession musulmane et d’autre part permettra aux musulmans d’exercer leur liberté de culte dans la dignité en République. Convaincu que tout comme moi vous avez de la République une vision généreuse et accueillante, vous comprendrez le sens de mon vote qui s’inscrit dans la suite de l’œuvre de Ferdinand Buisson, dont vous avez invoqué la mémoire, dans le respect de celles et ceux qui ont fait un choix religieux.

Espérant, Monsieur le Président, avoir répondu à vos inquiétudes, veuillez accepter mes salutations républicaines et radicales.

Pascal-Eric Lalmy

Conseiller municipal de Cergy

Secrétaire National du PRG

vendredi, septembre 23, 2005

Les annonces du gouvernement ne répondent pas aux attentes des Français

Le gouvernement a utilisé la conférence de la famille à des fins électoralistes pour annoncer des mesures dont le financement n'est pas assuré. Une fois de plus les priorités nationales sont passées au second plan. En l'occurrence on a pas parlé du problèmes des enfants pauvres qui est la vraie urgence aujourd'hui. Surtout après les dramatiques incendies qui ont endeuillé Paris et les expulsions qui les ont suivi sans qu’il y ait de solution à long terme pour les personnes concernées.

D’ailleurs, les annonces faites par Jean-Louis Borloo lors de la conférence HLM se bornent à accompagner le marché et l’encourage dans ses dysfonctionnements. Les mesures proposées ne permettent pas de corriger l’excessive concentration de logement social et de logement d’urgence dans certaines villes du département. Elles mèneront à l’aggravation de la ségrégation sociale et à la sur densification de villes et des banlieues déjà saturées, au détriment de l’environnement et de la qualité de vie.

En lieu et place de ces mesures d’accompagnement du marché du logement, une politique volontariste d’aménagement du territoire s’impose, favorisant les zones peu denses pour un rééquilibrage maîtrisé de notre urbanisation. Cela passe par la création d'une Agence foncière régionale en Ile-de-France.

Le gouvernement poursuit sa fuite en avant et ne propose rien de constructif pour la société française.

jeudi, septembre 22, 2005

Conférence de la famille

Le gouvernement a utilisé la conférence de la famille à des fins électoralistes pour annoncer des mesures dont le financement n'est pas assuré.
Une fois de plus les priorités nationales sont passées au second plan.En l'occurence on n'a pas parlé du problèmes des enfants pauvres qui est la vraie urgence aujourd'hui. Surtout après les dramatiques incendies qui ont endeuillé Paris.
Le gouvernement poursuit sa fuite en avant et ne propose rien de constructif pour la société française. On expédie les affaires courantes.

Discours de clôture de Jean-michel Baylet à l'université d'été - Arles 05

Discours de clôture de Jean-Michel Baylet, Président, du PRG, à l’Université d’été
dimanche 18 septembre 2005
http://www.planeteradicale.org/ecriture/docactu/DISCOURS%20de%20JMB%20-%20Arles%20septembre%202005.doc

mercredi, septembre 21, 2005

conseil municipal du 30 juin 2005

Le compte-rendu du conseil municipal du 30 juin est disponible sur le sie de la ville :
Je vous invite à lire le compte-rendu du débat sur la devise de la République au sujet de la motion que j'ai prsenté au nom de la majorité municipale :
IV – iNSCRIPTION DE LA DEVISE DE LA REPUBLIQUE

M. LALMY présente au nom de la Majorité Municipale une motion portant sur l’inscription de la devise de la République au fronton des bâtiments publics et des écoles.

Avant de donner lecture de la motion, il souhaite donner quelques précisions suite aux remarques formulées lors des commissions sur l’opportunité de cette motion et sur le fait d’inscrire la devise de la République sur les bâtiments publics.

Au sujet de l’opportunité de cette motion, M. LALMY rappelle que cette année 2005 est celle du centenaire de la loi de 1905, loi fondatrice du pacte républicain. Il semble alors opportun qu’à cette occasion la devise de la République soit apposée sur les bâtiments publics et sur les écoles.

D’autre part, cette devise fait partie des symboles de la République et à ce titre, elle est enseignée en classe de troisième aux élèves dans le cadre du cours d’éducation civique lorsque sont abordés avec eux les principes, les valeurs et les symboles de la République. La devise et son sens leur sont alors présentés de la même manière que la Marianne ou le drapeau tricolore.

Ainsi, apposer cette devise sur les bâtiments publics et sur les écoles lui semble aujourd’hui tout à fait opportun.

Enfin, sur le principe d’inscrire la devise sur les bâtiments publics, il lui semble que, dans la mesure où les valeurs de la République sont universelles et que les lois de la République s’appliquent sur l’ensemble de son territoire en tout lieu et en tout moment, le fait de penser qu’un gymnase est un espace républicain où les sportifs peuvent s’unir autour de valeurs républicaines ne le choque pas.

De même, M. LALMY estime que le fait que les Mairies annexes ou les bâtiments des différents services de la Mairie portent la devise n’est pas choquant et lui semble au contraire plein de bon sens.



M. LALMY donne lecture de la motion.

Invoquée pour la première fois lors de la Révolution française, puis remise en cause, la devise finit par s'imposer sous la IIIe République. La devise "Liberté, Égalité, Fraternité" est inscrite au fronton des édifices publics depuis le 14 juillet 1880.

Considérant que la politique éducative est l’un des champs prioritaires de l’action municipale. Nous pouvons nous féliciter à Cergy de la qualité de l’accueil qui est réservé à tous les enfants, quelle que soit leur origine, dans nos écoles.

Considérant que cette ambition que nous avons, à travers la politique scolaire, de refuser l’échec scolaire et l’exclusion, de donner à chaque enfant la possibilité de devenir un adulte libre, un citoyen, de favoriser le brassage des cultures et la mixité sociale, rejoint les valeurs fondamentales de la République, inscrites dans sa devise : « Liberté, Egalité, Fraternité ».


1 – DECIDE que dans le cadre de la mise en place de la nouvelle signalétique urbaine la devise de la République sera apposée au fronton des bâtiments publics puis des écoles de Cergy.




M. LEFEBVRE remercie M. LALMY pour cette motion dont on reconnaît bien la philosophie radicale au sens de ce que représentait le radicalisme sous la IIIème République jusqu’à l’actuelle République.


M. CHAUSSONNIERE se demande, à l’écoute de cette déclaration, ce qui a été fait au préalable pour faire que ce rappel aux principes élémentaires n’ait pas été réalisé plus tôt tant en centre Ville que par ailleurs et ce, alors que les mairies annexes ont été faites sous l’égide de la Majorité.

L’Opposition est, par principe, toujours un peu sceptique sur les motions de la Majorité car en général, elles se font toujours en période pré-électorale.


M. CHAUSSONNIERE ajoute, en forme de clin d’œil particulier à l’attention de Monsieur le candidat aux futures élections cantonales, qu’au moins il n’entreprend pas cette démarche deux mois avant les élections à des fins électoralistes.

S’il indique que l’Opposition votera pour, il estime néanmoins qu’elle est insuffisante.

Il note que le souhait de l’Opposition d’étendre la notion de lieu collectif au gymnase a été entendu.

Il est en effet important de rappeler à nos amis sportifs l’utilité de ces principes. Il rappelle ainsi que la Marseillaise avait été sifflée au Stade de France.

L’Opposition aimerait d’abord connaître le calendrier de ce type de réalisation car une motion n’a d’intérêt que par rapport à son réalisme. Ensuite, soucieuse de respecter les règles éditées par le Code des Communes, elle souhaiterait que l’on aille plus loin en intégrant la question du pavoisement.


M. CHAUSSONNIERE demande donc à M. Le Maire de réaliser sur les écoles et sur les édifices municipaux et de manière régulière (le 8 mai, le 11 novembre, le 14 juillet, le 5 décembre quelques unes des dates officielles de la République), le pavoisement et que le drapeau français soit clairement affiché. Ayant d’ailleurs remarqué que les écoles disposent du matériel nécessaire pour accueillir le drapeau français, il note qu’il s’agit donc d’une question de volonté et d’expression de leur usage.

L’Opposition demande donc, en acceptant cette motion, que ce pavoisement se fasse de manière très régulière et très généralisée sur tous les édifices publics.



M CRAHES intervient pour citer la date du 19 mars.



M. LEFEBVRE se félicite qu’il n’y ait pas de désaccord ni sur la devise de la République, ni sur la question du pavoisement des écoles.

Il y a en effet des raisons de rappeler ces valeurs fondamentales de la République qui trouvent d’autant plus leur place sur les bâtiments publics à Cergy que cette Ville est intrinsèquement républicaine et porte ces valeurs.

Il note qu’il sera difficile, eu égard à la règle du Code des Marchés Publics, de pavoiser immédiatement l’ensemble des bâtiments publics à l’ensemble des dates car la fourniture de drapeaux coûte un peu d’argent mais que la Majorité le fera.

La motion, qui a une valeur d’engagement politique, sera appliquée par les services de la Ville. La signalétique, qui avait été retardée suite à des variations sur la conception et des modifications dans le cadre du marché de la signalétique, interviendra à partir de 2006.


M. LEFEBVRE ajoute que, sans solliciter le Conseil Municipal et sans avoir eu une question diverse sur ce point, il a accepté de répondre à une demande pressante du Ministre de l’Intérieur et du Préfet de pavoiser la Ville lors du décès du Pape Jean-Paul II au motif qu’il s’agissait d’un Chef d’Etat.


M. LEFEBVRE indique qu’il l’a fait par respect pour la communauté catholique de Cergy.

Il fait part d’une anecdote sur ce sujet : un de ses collègues d’une Ville du sud-ouest a refusé de pavoiser les bâtiments publics en précisant au Préfet que s’il s’était agi du Grand Mufti de Jérusalem, on n’aurait pas pavoisé ainsi et que bien que le Pape soit un Grand Homme d’Etat, il a également contribué à la propagation du SIDA en Afrique. C’est donc la Police Nationale qui a pavoisé les bâtiments publics de cette Ville après qu’il ait été négocié que la Police Municipale ne se confronterait pas elle.


Ainsi, sur la question du pavoisement, M. LEFEBVRE propose d’ajouter une adjonction à la motion afin de retenir les grandes dates républicaines : le 8 mai, le 14 juillet, le 11 novembre et le 19 mars.


Délibère, à l’unanimité
(Pour : 44)

Les collectivités locales et la laïcité

1905-2005 : la laïcité dans la cité

La décentralisation et la multiplication des compétences des collectivités locales nous conduisent logiquement à poser aujourd’hui la question des enjeux de la laïcité pour les collectivités locales. L’émergence de nouveaux courants religieux dans la société française (islam, évangélistes…) pose question aux responsables locaux. Les problèmes de l’espace public, et de la place du religieux dans cet espace est désormais celui de l’espace public local. Car l’espace public local est le lieu où le citoyen se trouve proche du pouvoir de décision qui organise cet espace, mais aussi parce que face à la mondialisation chacun a tendance à se rechercher des repères à « taille humaine », c’est-à-dire dans l’espace local. Ainsi, l’espace local, et les collectivités qui l’organisent, villes, départements, régions sont confrontées à plusieurs défis. Il y a d’abord, la place de la laïcité dans les services publics locaux. Puis celle des nouveaux lieux de culte. Or, lors des auditions de la commission Stasi Dalil Boubakeur a expliqué que la laïcité est souvent perçue par les musulmans de France comme un alibi pour dire non. Cette situation illustre comment aujourd’hui les maires sont confronté à un contexte nouveau celui des relations avec l’islam.
La laïcité sera donc évoquée ici sous l’angle de son application dans la vie de tous les jours.


Services publics locaux et laïcité

La mise en pratique de la laïcité dans les services publics locaux illustre les accommodements et les efforts d’ouverture qui prévalent dans le domaine. Situation rendue possible par l’aspect libéral de la loi de 1905. Toutefois, le pragmatisme de certains responsables locaux pose parfois question comme nous allons le voir. Nous examinerons successivement le problème de l’enseignement, celui du sport, celui de la neutralité des agents des collectivités locales.

Dans le domaine de l’enseignement, c’est évidemment la restauration scolaire qui pose problème dans certaines villes. Aujourd’hui nul ne s’offusque de ce qu’un enfant allergique ait un repas particulier. L’habitude a aussi était prise de proposer une viande de substitution aux enfants musulmans quand du porc est servi. Mais en 2003, le maire de Sarcelles a décidé de répondre aux exigences religieuses de la communauté juive. Ainsi un article du Parisien rapportait la décision du maire :
Le Parisien : "Peut on répondre en restauration scolaire aux exigences religieuses ?"Sogeres : "Pour la première fois cette année à Sarcelles, des repas sans viande vont être servis aux enfants des écoles primaires qui en font la demande. Les parents des enfants de confession juive le réclamaient depuis longtemps. Ce service était instauré en maternelle depuis deux ou trois ans. Cela va dans la lignée des repas sans porc servis depuis plusieurs années aux enfants qui en font la demande, pour la plupart des musulmans. Dans ces cas, l'apport en protéines est remplacé par un plat de volaille, des oeufs ou du poisson. Nous nous adaptons aux goûts des enfants".
On constate évidemment à la lecture de cet extrait du Parisien que les responsables de la SOGERES évacue le problème de la laïcité en s’inscrivant d’une part dans une habitude prise (les repas sans porc) et d’autre part en banalisant la décision en évoquant une adaptation « aux goûts des enfants », ce qui est évidemment oublier le rôle d’éducation au goût de la restauration scolaire. La décision du maire de Sarcelles, même si elle est légale, pose donc problème quand on s’interroge sur le respect de la laïcité dans les services publics locaux. Toutefois cette décision ne peut pas être réduite à une décision électoraliste ou communautariste. En effet M. Pupponi a cherché une réponse à un problème tout aussi difficile, celui de la scolarisation des enfants Loubavitch dans des écoles privées confessionnelles hors contrat. En prenant la décision d’adapter les repas de la restauration scolaire aux exigences alimentaires des enfants il ramène à l’école public des jeunes qui autrement aurait été scolarisés à l’écart du reste de la population. Ce qui évidemment serait allé dans le sens d’une conception anglo-saxonne de la laïcité qui conduit à la dissolution de l’espace public en une multitude d’espaces communautaires. Pourtant, l’esprit de cette décision est en contradiction avec la loi adoptée l’année suivante sur la laïcité à l’école, qui interdit les signes religieux « ostensibles » et prévoit l’exclusion de celles et ceux qui refusent de se plier à l’interdit.

Dans le domaine sportif aussi la question de l’application du principe de laïcité se pose. La pratique sportive qui pose aujourd’hui le plus de problème ce sont les piscines. Les piscines « halal » sont encore peu nombreuses en France, mais les demandes sont nombreuses. Il y a quelques années un article du journal Le Monde abordait la question. "A Strasbourg, Lille et Sarcelles, juives et musulmanes ont obtenu des créneaux horaires pour se baigner loin du regard des hommes. C'est à l'initiative d'une association religieuse juive, en 1996, que le créneau horaire féminin du lundi strasbourgeois a été choisi : "La municipalité -alors dirigée par Catherine Trautmann- a donné son accord. Mais à la condition expresse que ce créneau ne soit pas réservé à une communauté particulière […]. Cette même année 1996, il y a sept ans, la piscine de Mons-en-Barœul, dans les faubourgs de Lille, acceptait, elle aussi, que soient organisées, sous la responsabilité d'une association locale, des séances de gym aquatique et autres cours de natation réservés aux femmes. " Entre interdit religieux et désire « d’intimité » la question des piscines réservées aux femmes pose aussi la question du genre. L’espace public est-il mixte ou non ? Et quand il est mixte est-il neutre ou dominé par les hommes ? On le voit bien la question des piscines ne peut pas se réduire à la question de la laïcité. Plus largement, il interpelle la société sur la place des femmes aujourd’hui dans nos sociétés, femmes libérées ? Femmes objets ? Le besoin de certaines femmes d’échapper au regard des hommes pour des motifs religieux pose problème par rapport au principe de laïcité, et la République ne peut pas accepter un cloisonnement de l’espace public en fonction des genres pour des motifs sexistes, c’est de la discrimination. Sur cette question, les élus doivent assumer leurs responsabilités. En particulier on peut être inquiet de lire dans le journal La Croix les lignes suivantes : "Le témoignage du maire de Sarcelles devant la commission Stasi, François Pupponi, a cependant permis d’entrevoir une situation plus nuancée du «communautarisme». Ce socialiste, à la tête d’une ville multiculturelle, a expliqué pourquoi il «s’interdisait, comme laïc, de juger des pratiques religieuses de ses concitoyens». Lorsqu’une association de femmes loubavitchs observe la non mixité à la piscine, dans les horaires qui lui sont alloués, en dehors des heures du public, «c’est son problème». Son travail, qui implique des relations avec toutes les communautés religieuses, permet, selon lui, de «faire progresser l’intégration»"
Par contre, la demande des femmes, en-dehors de toutes considérations religieuses ou communautaires, d’avoir des créneaux réservés devient intéressante quand elle évoque la pudeur, le regard des hommes, la domination de l’espace public par les hommes. Il y a là une violence faite aux femmes à laquelle la République doit répondre par des actes forts d’une part en matière d’éducation et d’autre part en matière législative. On pourrait ici s’inspirer de la législation américaine qui tolère de moins en moins les comportements machistes.

Enfin la décentralisation et les transferts de compétences ont fait augmenter de manière très importante les effectifs de la fonction publique territoriale. Les agents ont une liberté de conscience complète par contre leur liberté d’expression est limitée pendant les heures de travail. Tout manquement à l’obligation de neutralité entraîne une sanction disciplinaire. La multiplication des effectifs conduit logiquement à un augmentation des difficultés. Ainsi la ville de Lyon a du licencier une femme qui refusait de retire son voile durant les heures de service. Le tribunal administratif a donné raison à la ville. Mais la femme s’est tournée vers le conseil d’Etat pour contester le jugement du TA. Toutefois sa requête a peu de chance d’aboutir car en 2003 le conseil d’Etat avait déjà reconnu la stricte neutralité qui s’impose aux agents publics en rappelant que le port d’un signe religieux était interdit.


Le maire, la mosquée et la laïcité


Comment financer la construction d'une mosquée ? Où l'édifier ? Avec quels interlocuteurs discuter ? Ces questions sont de plus en plus fréquentes pour les maires de grandes villes.
Les expériences de terrain commencent à être nombreuses. Mais comme le remarque le maire PCF de Montreuil, Jean-Pierre Brard, en évoquant le financement des lieux de culte, et les contournements possibles de la loi de 1905 sur la laïcité, qui interdit toute subvention de l'Etat "on essaye de se dépatouiller comme on peut". La construction d’une mosquée est d’abord l’occasion de « lancer le débat » dans une ville et d’encourager les musulmans à s’organiser pour relever le défi. La solution la plus classique, consiste comme à Cergy ou à Boulogne Billancourt à avoir recours à la solution de baux emphytéotiques, permettant l'attribution de terrains à prix symbolique par une mairie, pour la prochaine construction d'une mosquée ou d’un autre lieu de culte. Mais en plus du financement les maires sont confronbtés à d’autres questions. Où édifier la mosquée ? Peut-elle être "ostentatoire" (c'est-à-dire disposer d'un minaret) ? En tout état de cause la nécessité d'avoir "un lieu digne et en même temps acceptable par les populations concernées" est inévitable.

Bordeaux a officiellement lancé en mars son projet de grande mosquée (de 1.000 à 1.500 places), qui devrait être construite sur la rive droite de la Garonne, dans un lieu en voie de réhabilitation. Mais sans dôme, ni minaret. A l'inverse, pour le maire PS de Villeurbanne Jean-Paul Bret, "on peut faire des mosquées avec leurs signes religieux qui s'intègrent dans le paysage urbain".

Outre les questions de financement et de lieux, les maires doivent également faire face à la diversité des interlocuteurs musulmans, de sensibilités et de générations différentes, et à un islam de France dont l'organisation n'est que toute récente. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) n'a guère que deux ans. La difficulté est qu’il faut faire face à une réalité sociale: chaque sensibilité veut son propre lieu de culte. D’où la difficulté d’apporter une réponse unique aux musulmans.

La ville de Cergy a décidé de répondre aux demandes des musulmans de la ville en respectant strictement la lettre et l’esprit de la loi de 1905. Cette démarche lui a permis d’aider les musulman à structurer un « fédération musulmane » qui aujourd’hui est en capacité de conduire un projet de mosquée. Cet accompagnement prend son sens quand on a à l’esprit que les musulmans en France n’ont pas de tradition de construction de mosquée, contrairement aux catholiques ou aux protestants pour leurs lieux de cultes. Les musulmans ont un « savoir-faire » à acquérir, et c’est en les accompagnant, dans le cadre de la loi de 1905 qu’on peut les aider à réaliser des lieux de culte dignes tout en préservant leur indépendance et leur liberté de culte. Contrairement à ce qu’affirme M. Sarkozy qui aimerait « mettre la main » sur le culte musulman en France pour des raisons électoralistes, les pratiquants musulmans ne demandent pas à être traités autrement que les autres ou à être mis sous tutelle.
(contribution à l'université d'été 2005 du PRG)

mardi, septembre 20, 2005

revue de presse

Le PRG défend la loi de 1905, revue de presse après les propos de M. Sarkozy :

PARIS, 19 sept 2005 (AFP) - Laïcité : Sarkozy veut "importer la politique de Bush", selon le PRG
in La Croix


... et « veut importer la politique de Bush », selon le PRG [ 20/09/05 ]

Après que Nicolas Sarkozy a estimé hier que la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat « peut supporter un toilettage » (« Les Echos » d'hier), le Parti radical de gauche (PRG) a accusé « la droite de vouloir importer en France la politique de George Bush ». « Or, la médiocrité de l'original n'encourage pas à en adopter une copie », affirme le PRG avant d'ajouter : « La laïcité ne se réduit pas, comme le pense Nicolas Sarkozy, à la liberté des cultes. Cette vision réductrice porte en elle un risque grave de dissolution de l'espace républicain et d'émergence d'un espace public fragmenté en communautés ».
in Les Echos


lundi, septembre 19, 2005

Laïcité : Sarkozy veut "importer la politique de Bush", selon le PRG

Le communiqué sur les propos de Nicolas Sarkozy a été repris par l'AFP et l'édition numérique de "La Croix"

PARIS, 19 sept 2005 (AFP) - Laïcité : Sarkozy veut "importer la politique de Bush", selon le PRG
Le Parti radical de gauche (PRG), réagissant aux propos du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy sur la loi de 1905, a accusé "la droite de vouloir importer en France la politique de M. Bush", lundi dans un communiqué.
"Or, la médiocrité de l'original n'encourage pas à en adopter une copie", affirment les radicaux de gauche.
"La laïcité ne se réduit pas, comme le pense M. Sarkozy, à la liberté des cultes. Cette vision réductrice porte en elle un risque grave de dissolution de l'espace républicain et d'émergence d'un espace public fragmenté en communautés", poursuit le PRG.
M. Sarkozy a estimé lundi que le texte de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat "peut supporter un toilettage", en ouvrant un colloque sur le centenaire de cette loi à l'Académie des sciences politiques et morales à Paris.
"Les textes "peuvent être adaptés sans que soit brisé le moins du monde le consensus autour d'eux", a-t-il ajouté, en soulignant que "jamais un ministre de l'Intérieur ne s'est senti autant ministre des cultes".

contributions militantes à l'université d'été

Pour découvrir les contributions militantes à l'université d'été du PRG rendez-vou sur le site officiel du prg :

planeteradicale.org

La parité en France un décalage d'un autre siècle

Quel que soit le domaine d'intervention et de réflexion que l'on prenne, force est de constater que le poids des conservatismes, à gauche comme à droite, conduit trop souvent à préférer le discours à l'action, et que la France n'a pas de quoi être fière de la place laissée à la femme.

Ce constat vaut, tant dans la sphère du public que dans la sphère du privé, mais aussi et surtout pour ce qui est de la représentation de la femme en politique. La loi sur la parité peut faire sourire compte tenu des résultats affichés aujourd'hui. L'absence de lucidité de nos gouvernants, ou le défaut de courage, place la France encore loin derrière la Suède (42,7%), le Danemark (37,1%).

Parce qu'on veut nous faire croire que la politique est d'abord une « affaire d'hommes », c'est bien au politique qu'il appartient de donner l'exemple, en imposant des femmes à part égale avec les hommes, à toutes les élections, en cessant ce petit jeu qui consiste à leur réserver les places perdues d'avance.

L'humanité est sexuée, c'est un fait, la politique, comme tout autre domaine, doit être occupée de manière égale par les hommes et femmes.

De l'évolution de la place faite à la femme en politique dépendra l'évolution des autres sphères de la Société, en terme de mixité, dans le privé notamment, où les femmes perçoivent jusqu'à 30% de moins que leurs collègues.

Ce déséquilibre est connu de tous. Régulièrement les mêmes chiffres réapparaissent, l'affirment et le rappellent. Or, les choses semblent figées !

Une démocratie telle que la France pèche par sa frilosité en la matière, et la crédibilité des politiques à vouloir se contenter du peu de progrès fait en ce domaine, depuis le vote de la loi sur la parité, s'en trouve atteinte.

Le refus de composer d'égal à égal avec les femmes peut paraître à certains égards, comme une sources d'éloignement avec l'électorat. Devenu plus mature, plus clairvoyant et plus exigent, au fil du temps, il trouve face à lui des appareils politiques largement machistes, parfois rétrogrades, dans lesquels il ne se reconnaît pas.

Ce décalage constant, entre le discours politique et les faits, nous mène à un électorat désenchanté, préférant « renverser la table » ou s'abstenir de voter...

Au delà de la représentation en politique, la parité doit être une des préoccupations majeures de nos institutions. Le traité d'Amsterdam fait de cette égalité un droit fondamental des citoyens de l'Union européenne.

Messieurs, plutôt que de se contenter de nommer une « Ambassadrice à la parité », qui ne flattera que ceux et celles qui y croiront, ou feront semblant d'y croire, commençons par mettre fin à cette aberration. Montrez que les temps changent, que la société française n'est pas si phallocrate et saisissons le projet de révision souhaité, notamment par les Radicaux de gauche, pour aller vers une 6e Constitution et y inscrire, la parité en politique.

Et parce qu'un changement ne vient jamais seul, il faudra, pour y parvenir, poursuivre plus en avant et avec beaucoup plus de « conviction », la révision de la législation sur le cumul des mandats. C'est la crédibilité du politique qui est en jeu.
Hélène Ledoux, secrétaire nationale du PRG

Le gouvernement uni contre la laïcité

Les déclarations de M. Sarkozy sur la loi de 1905 illustrent une nouvelle fois sa volonté d’importer en France la politique de M. Bush. Or la médiocrité de l’original n’encourage pas à adopter sa copie.
La laïcité ne se réduit pas, comme le pense M. Sarkozy, à la liberté des cultes. Cette vision réductrice porte en elle un risque grave de dissolution de l’espace républicain et l’émergence d’un espace public fragmenté en communautés.
Le PRG rappelle à M. le ministre des cultes que la République n’a « ni dieu, ni maître », et qu’il ne saurait donc exister de « religions de France ».


Pascal-Eric Lalmy
Secrétaire National du PRG

Les ravages de la présidentielle

Par Jean-Michel BAYLETvendredi 16 septembre 2005
Jean-Michel BAYLET président du Parti radical de gauche.
e 21 avril 2002, le masque était tombé. Présentée, quarante ans plus tôt, comme une mesure faisant de la Ve République une démocratie plus authentique, l'élection du Président au suffrage universel direct conduisait à un résultat strictement inverse : privés de véritable choix au second tour, les Français se trouvaient contraints de porter à nouveau à la tête de l'Etat un homme qui n'avait pas leur confiance.
Le mode de désignation du premier des Français a plus récemment causé de nouveaux ravages, à l'Europe, à la France, à la gauche. La responsabilité de la présidentielle dans le coup porté le 29 mai à la construction européenne est d'abord révélée par tout ce que le non a comporté de sanction prononcée à l'encontre d'une politique nécessairement imputable à celui que le suffrage universel a désigné comme son principal artisan.
De façon plus générale, et plus insidieuse, l'attention privilégiée portée, en France, à l'élection du président de la République, a pour effet de déterminer une sorte d'hypertrophie, non seulement de cette élection, mais aussi de sa portée politique réelle ; la bataille pour la présidence est regardée comme la seule qui vaille ; tous les autres enjeux sont jugés subalternes. Surdimensionnée, l'élection présidentielle fait croire que le sommet de l'Etat demeure le seul lieu où se fixe l'avenir des Français ; elle les rend aveugles à l'importance des choix européens.
Quelle qu'ait été la part de sincérité des engagements pour le non à gauche, par ailleurs, qui peut sérieusement nier que certains n'ont pas été étrangers à la perspective de l'élection présidentielle prochaine ? Non sans responsabilité dans le rejet du projet de Constitution pour l'Europe, le mode de désignation du chef de l'Etat français a pesé de tout son poids dans les suites politiques immédiates qui ont été données au non, et qui font craindre pour la cohérence et l'efficacité de la politique de la France. Etrange triumvirat qui la conduit, fait d'un Président, d'un chef de gouvernement et d'un chef de parti majoritaire n'ayant en commun que leur égale prétention à être, demain, le mieux placé dans la compétition présidentielle.
La gauche n'est évidemment pas mieux lotie, où les préoccupations majeures, au sein ou à côté de son principal parti, sont à la formation des écuries pour la course à l'Elysée. Combien d'autres 21 avril et 29 mai faudra-t-il pour qu'enfin notre pays s'avise des perversions qu'inflige à la démocratie française un mode d'élection du Président voulu par un homme qui avait de la relation du peuple à l'élu une conception plébiscitaire bien plus que représentative ? Le recul de quelques décennies permet de mesurer l'aspect caricatural d'un régime profondément endommagé par le mode d'élection du Président.
Peu d'exemples s'offrent d'une bipolarisation aussi rigide que celle mécaniquement provoquée par la perspective du second tour de la présidentielle. La France est la République des blocs, droite contre gauche, sans concessions ni ménagements, alors que souvent, l'intérêt général commanderait, comme cela se pratique aux Etats-Unis, en Allemagne, ou ailleurs, que l'on sache faire la part du compromis utile. Chaque nouvelle majorité s'emploie à défaire avec application ce que la précédente a fait, l'opposition ne se privant pas d'annoncer d'avance, pour sa part, que l'oeuvre législative en cours n'est appelée à aucun avenir.
L'obstination aveugle à rejeter tout ce qui vient de l'autre est évidemment au détriment de tous, lorsqu'elle s'exprime, comme c'est devenu la règle, dans la soumission systématique à la censure du Conseil constitutionnel des textes résultant de la décision majoritaire. Chacun s'emploie à favoriser le gouvernement des juges dont, par ailleurs, on s'afflige.
Il serait vain, d'autre part, d'ignorer les dérives auxquelles, immanquablement, conduit le pouvoir particulier que confère à un individu l'onction du suffrage universel, surtout lorsque la mécanique institutionnelle affaiblit les contre-pouvoirs. Les libertés ne sont jamais tout à fait tranquilles lorsqu'est trop affermi le pouvoir d'un seul.
Transformée en champ de course, la démocratie française se donne à voir comme un spectacle sportif. Ses médias s'intéressent aux champions, plus qu'aux causes qu'ils défendent. L'état de la vie conjugale du prétendant à la charge suprême revêt alors plus d'importance que l'exacte définition de son positionnement politique.
Il est temps de revenir à la raison républicaine, de distinguer Paris 2007 de Londres 2012, et de redonner de la vie politique française une image moins affligeante que celle qu'elle offre aujourd'hui.
Le 29 mai oblige à un effort considérable pour sauver ce qui, de l'Europe, peut l'être encore. Il oblige aussi à redresser la France. Son impuissance à retrouver le consensus social et la vigueur économique reflète la profonde inadaptation de ses institutions. Le moment est venu d'ouvrir le chantier de la VIe République.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=324040

jeudi, septembre 15, 2005

Université d'été du parti radical de gauche

Le Parti Radical de Gauche tiendra son Université d'été en Arles du vendredi 16 au dimanche 18 septembre.
Vendredi après-midi, les 700 participants débattront de la réforme nécessairedes institutions, en présence de François Colcombet, Président de la C6R :Quelle VI° République ? Régime présidentiel ? Régime primo-ministèriel ?
Samedi matin, alors que les changements sociaux posent de façon renouvelée laquestion de la place de la religion dans l'espace public, et que s'esquisse unretour en force de l'école privée, les radicaux de gauche exploreront lesnouveaux chantiers de la laïcité.
Samedi après-midi sera en débat le modèle économique et social français :faut-il refuser l'économie de marché ? Comment concilier liberté d'entreprendreet solidarité ?
Dimanche matin, seront évoquées les échéances politiques prochaines.
LePrésident Jean-Michel Baylet répondra à la question : quelle stratégie présidentielle pour les radicaux de gauche ?

mercredi, septembre 14, 2005

Rencontre UNSA/PRG ce mercredi 14 09 05

Deux délégations de l’UNSA et du PRG conduites respectivement par Alain Olive, entouré de Michel Guerlavais et Jacques Bory, et par Jean-Michel Baylet, entouré de Thierry Jeantet, Gérard Charasse, Joëlle Dussau, Gilles Alayrac, se sont rencontrées le 14 septembre au siège du PRG.
Les deux délégations ont constaté leurs convergences sur de nombreux points à commencer par une nécessaire défense de la Laïcité au moment où le Ministre de l’Education Nationale s’attaque ouvertement à l’école publique qu’il devrait être le premier à promouvoir.
C’est un mauvais signe pour la République.
Elles ont convenu, dans un environnement de plus en plus mondialisé, de la nécessité de faire évoluer le modèle social français pour rendre compatible de véritables innovations sociales avec les innovations économiques et techniques, mais certainement pas pour remettre en cause les fondements solidaires de celui-ci. Comme l’UNSA, le PRG refuse le contrat nouvelle embauche qui va renforcer la précarité.
L’UNSA et le PRG ont souhaité que de nouvelles initiatives favorisant la croissance (amélioration réelle du pouvoir d’achat et donc de la demande…) soient prises et que la politique de lutte contre le chômage soit intensifiée (création d’un service unifié de l’emploi entre notamment l’ANPE et L’UNEDIC). Par ailleurs, les évènements tragiques récents concernant le logement exigent que toutes les communes construisent des logements sociaux.
Pour les deux organisations, notre démocratie sociale est à bout de souffle. Notre système de représentativité syndicale doit d’adord reposer sur le vote des salariés et sur le principe de l’accord majoritaire afin de lui assurer sa légitimité.
Les deux organisations ont convenu d’approfondir ces dossiers au cours d’autres rencontres en prenant en compte la nécessaire relance de la construction d’une Europe à dimension sociale.

Libellés :

lundi, septembre 12, 2005

Conseillers régionaux d'Ile-de-France, se mobilisent, dans les gares yvelinoises, pour des transports publics de qualité !

Eddie AIT (PRG) et Lucien FERRIER (Les Verts),
Conseillers régionaux d'Ile-de-France, se mobilisent,
dans les gares yvelinoises, pour des transports publics de qualité !

En préparation du rassemblement unitaire de la gauche, de syndicats, d'élus, d'associations d'usagers, qui aura lieu le samedi 24 septembre 2005 à Paris, à 14.00, sur le parvis de la Gare Montparnasse, les Conseiller Régionaux d'Ile-de-France, Eddie AIT(PRG) et Lucien FERRIER (Les Verts), ceints de leur écharpe d'élu, iront à la rencontre des usagers des transports publics dans les gares yvelinoises suivantes :

Rendez vous est donné à 6 heures 30
le 21 septembre 2005. Gare de Conflans-fin-d'Oise
le 22 septembre 2005. Gare de Achères - Ville
le 23 septembre 2005. Gare de Poissy

La question des transports publics dans notre Région est au coeur des préoccupations des Franciliens.

Et pourtant, il n'y a pas un jour sans que nous soyons victimes de retards, de trains supprimés dus à des incidents techniques, à la vétusté du matériel. L'age moyen du matériel roulant est aujourd'hui supérieur à 20 ans.

Le gouvernement a décidé de transférer la gestion des transports publics franciliens au Conseil Régional, à la Ville de Paris et aux départements d'Ile de France. Dans le cadre de la décentralisation et des transferts de compétences, les demandes du Conseil Régional d'Ile-de-France et des collectivités locales à l'Etat sont justes et répondent aux attentes des usagers : 200 millions d'euros par an pour la rénovation du matériel vétuste, 45 millions d'euros supplémentaires pour l'augmentation du service de nuit, 30 millions pour compenser le déficit structurel annuel du STIF. L'Etat refuse de les prendre en considération. La situation de blocage que connaissent les transports publics franciliens doit trouver rapidement une issue. Elle nous pénalise notamment dans nos déplacements professionnels.

Face au désengagement de l'Etat et pour plus de qualité dans les transports, les élus régionaux demandent au Premier Ministre de donner les moyens aux transports publics franciliens de fonctionner, de s'améliorer et d'être accessibles à tous.

vendredi, septembre 09, 2005

Le Monde reprend le communiqué sur l'école

M. de Robien crée une polémique en réclamant "une égalité de moyens à l'enseignement public et privé "
LEMONDE.FR 09.09.05 18h20 • Mis à jour le 09.09.05 18h55
a visite de rentrée scolaire du ministre de l'éducation nationale, Gilles de Robien, dans un collège privé, et ses propos sur l'égalité de traitement souhaitable entre public et privé ont suscité, vendredi 9 septembre, une levée de boucliers dans le camp des défenseurs de l'école laïque. "Provocation", "propos scandaleux", "inadmissible"... Les réactions ont été particulièrement vives de la part des syndicats enseignants comme des parents d'élèves (FCPE).
La visite du ministre, mardi, au collège Saint-Joseph de Cholet (Maine-et-Loire) n'avait pas provoqué de tollé, amenant même M. de Robien à dire :"La guerre est finie, terminée, enterrée, d'ailleurs les communiqués syndicaux ont été relativement modérés et une réaction modérée de leur part, c'est presque une approbation." Toutefois, invité, jeudi, de l'émission "Face aux chrétiens" sur radio Notre-Dame, M. de Robien a répété que l'école privée était aussi "école de la République", et ajouté que cette école apportait une "liberté de choix", une "chance à portée de la main" et qu'il fallait donc "donner une égalité de moyens à l'enseignement public et privé pour que ce choix puisse s'exercer".
"PROVOCATION"
Cela a réveillé la combativité du camp laïque aussi bien sur le fond que dans le contexte actuel de budgets de rigueur depuis trois ans. Ainsi, la principale fédération de l'enseignement, la FSU, a déclaré que ces propos "s'assimilent à une bien inutile provocation" et souligné que "la priorité du ministre devrait être de se préoccuper de l'enseignement public". Son syndicat du second degré, le SNES, qui avait déjà protesté mercredi, a récidivé vendredi en demandant "si M. de Robien veut rallumer la guerre scolaire", et l'appelant à "faire dans les délais les plus brefs toutes les mises au point nécessaires".
La deuxième fédération, l'UNSA-Education, a elle aussi accusé le ministre de "faire le choix de la provocation". "Il a tort d'oublier ce que représente l'école de la République et ceux qui la font vivre", a-t-elle ajouté. Son syndicat d'enseignants, le SE, a brocardé "les idées très privées de Robien sur l'égalité" et enjoint le ministre à ne pas "se comporter en promoteur de la concurrence scolaire".
Pour sa part, le SGEN-CFDT a parlé de "propos incroyables, ahurissants" et affirmé que "faire l'apologie d'une école confessionnelle particulière est pour le moins scandaleux". La fédération FO de l'enseignement n'a pas été en reste. "Non, monsieur le ministre, le privé ce n'est pas l'école de la République, l'école de la République, c'est l'école laïque", a souligné le syndicat. Enfin, les parents d'élèves de la FCPE ont estimé les propos du ministre "inadmissibles" et "outranciers" et les lycéens de la FIDL se sont déclarés "stupéfaits" et "indignés". "L'école que nous défendons est laïque", ont-ils dit.
Du coté des politiques, le Parti radical de gauche a dénoncé, dans un communiqué, les propos de M. de Robien, les qualifiant de "provocation inacceptable". "Les groupes de pression catholiques, relayés par le ministre UDF, font un pas de plus vers la remise en cause de l'enseignement public, laïc et gratuit", ajoute-t-il. Pour le PRG, ces déclarations "illustrent parfaitement l'alliance idéologique qui s'est nouée entre M. (François) Bayrou et M. (Nicolas) Sarkozy pour abattre le modèle républicain".
Du côté de l'enseignement catholique, on n'a pas commenté, vendredi, les propos du ministre, mais ses responsables ont, depuis des décennies, toujours déclaré que cet enseignement avait "mission de service public". L'enseignement privé sous contrat – enseignants rémunérés par l'Etat, programmes du ministère, soit 95 % de l'enseignement privé – scolarise 19 % des élèves (22 % en collège-lycée) de la maternelle au lycée, en majorité (95 %) dans l'enseignement catholique.
Avec AFP

Provocations inacceptables

Les déclarations du ministre de l’éducation nationale en faveur d’une égalité de moyens entre enseignements privés et publics constituent une provocation inacceptable.
Après l’amendement Charasse à la loi sur les responsabilités locales en 2004 qui a apporté des subventions considérables aux écoles privées, les groupes de pression catholiques, relayés par le ministre UDF font un pas de plus vers la remise en cause de l’enseignement public, laïque et gratuit.
Si la liberté d’enseignement doit être reconnue dans un Etat démocratique, l’Etat n’a pas à favoriser le développement de l’enseignement confessionnel.
Les déclarations du ministre UDF de l’éducation nationale illustrent parfaitement l’alliance idéologique qui s’est nouée entre M. Bayrou et M. Sarkozy pour abattre le modèle républicain. Un nouveau front est ouvert !

mardi, septembre 06, 2005

Cent jours pour sauver le soldat UMP ?

Le chef du gouvernement avait donné cent jours au duo improbable qu’il forme avec Nicolas Sarkozy pour redonner le moral aux Français. Quelques jours avant le terme de son pari, rattrapé par la réalité, il a du annoncer quelques mesures aux allures sociales. Cette diversion avait pour objectif de maquiller un bilan plus que décevant. Mais le retour des emplois jeunes à l’éducation nationale, un saupoudrage d’argent pour les plus modestes et une prime pour l'emploi revalorisée ne trompent personne. On gère la précarisation généralisée des salariés organisée par la droite depuis son retour au pouvoir. On accompagne la modération salariale des entreprises et la disparition programmée du CDI en organisant la solidarité des salariés par l’impôt. En résume on fait du rafistolage pour endormir la colère des Français jusqu’en 2007. C’est la tactique de l’élastique, on relâche la pression pour mieux rebondir ! La réalité des cent jours de gouvernement qui viennent de s’écouler est bien loin des tours de passe passe du Premier Ministre.


On a fait de la « bataille de l’emploi » la priorité nationale. Mais on a oublié d’ajouter que l’objectif était seulement de faire baisser les chiffres du chômage, pas le chômage lui-même, ou la pauvreté. Ainsi, on a commencé par nettoyer au karcher les fichiers de l’ANPE pour stabiliser la courbe du chômage puis on a sorti le plan de cohésion sociale. Mais une fois de plus c’est aux plus faibles que l’on demande de faire des sacrifices pour l’intérêt des plus favorisés. Le gouvernement est allé chercher son inspiration du coté du hard discount en organisant l’exploitation de la misère comme solution au chômage. Les « services à la personne » et les contrats « nouvelle embauche » dont on nous dit qu’ils sont le nouvel Eldorado, c’est l’institutionnalisation d’un nouveau « lumpenprolétariat ». Quels droits sociaux et syndicaux quand on est payé à la tâche ? quand l’employeur est libre de nous licencier selon son bon vouloir? Comme pour l’école, le gouvernement recherche dans le passé les solutions aux problèmes d’aujourd’hui. Le manque d’imagination sociale de la droite nous ramène à grands pas vers le XIXe siècle avec ses petits personnels et ses patrons tout puissants. Le Premier Ministre, on le sait, se pique d’être un poète, malheureusement pour nous il semblerait que ce soit en lisant les Misérables et Oliver Twist qu’il recherche l’inspiration de sa politique sociale ! Or l’exploitation de la misère et la criminalisation de la pauvreté ne peuvent pas être une politique d’avenir !


De son coté le ministre de l’intérieur fait son show. Il faut « nettoyer » les cités, et les futurs karcherisés applaudissent des deux mains. Les « âmes sensibles » qui s’offusquent de la violence des politiques ne sont que des « nouveaux censeurs » qui attaquent le « nouvel homme à abattre ». Pourtant les excès de langage et les méthodes du Ministre président (de l’UMP) sont inquiétants. Ainsi, comme aux plus sombres heures du totalitarisme, si la géniale politique de celui dont l’ami, Patrice Hortefeux (futur ministre de la propagande ?), dit : "Il parle vrai, il agit carré, il imagine avec audace et il obtient des résultats", échoue c’est évidemment à cause d’une conspiration de saboteurs ! D’ailleurs, la chasse aux « erreurs » est lancée et s’est étalée tout l’été dans la presse, du délinquant multirécidiviste à l’évadé de l’hôpital psychiatrique, en passant par le juge irresponsable. Parallèlement, les députés UMP sonnent la charge contre une institution judiciaire jugée trop laxiste. L’Etat-UMP a trouvé la source de tous les maux de la France : « La Justice fait mal son travail ». En réalité, derrière cette idée simpliste il s’agit de remettre en question l’Etat de droit. De toute part on s’emploie en réduire les marges de manœuvre de la Justice : on réduit ses moyens, on l’attaque dans la presse, on étale ses erreurs et ses lenteurs. Enfin, évidemment, on enferme les avocats. On substitue peu à peu une justice politique façon Vychinski à la justice pénale. Pour y parvenir, la population est l’objet d’une intense mise en condition idéologique.

Logiquement le même gouvernement a décidé d’ignorer la délibération du conseil constitutionnel du 7 juillet 2005. Celle-ci lui avait rappelé qu’il fallait modifier le découpage électoral. Le premier ministre a préféré remettre à plus tard le redécoupage d’une carte électorale qui date maintenant de 1986. Elle aura donc plus de 20 ans lors du prochain scrutin. Peut-on penser que les évolutions démographiques du pays ne nécessitent pas un redécoupage en 20 ans ? Sur le plan national, l’inégalité entre la 2e circonscription de la Lozère (34 400 habitants) et la 2e circonscription du Val-d’Oise (188 134 habitants) atteint même 447 %. Par contre le gouvernement a entendu l’avis du conseil d’état sur le calendrier électoral. Le conseil des ministres du 02 août 2005 a approuvé un projet de loi organique prorogeant d’une année le mandat des sénateurs, des conseillers municipaux et des conseillers généraux renouvelables en 2007. Au passage le projet de loi prévoit que le mandat des conseillers généraux élus en mars 2004 sera prorogé, lui aussi, d’un an, jusqu’en mars 2011. Il aurait sans doute été plus démocratique de réduire à 5 ans le mandat des conseillers généraux qui seront élus en 2008, puisque l’on voulait maintenir le rythme de renouvellement triennal par moitié des conseils généraux.


Pendant 3 ans M. Raffarin, sous l’autorité du président de la République, s’est employé à affaiblir l’Etat, démanteler la protection sociale et creuser les déficits. Les Français, sonnés par la violence de la politique menée, ont sanctionné à plusieurs reprises la droite. Mais l’Etat UMP n’en avait cure. La logique de remise en cause des acquis républicains était prioritaire sur toute autre considération. Nicolas Sarkozy veut même aller plus loin en prônant le communautarisme et la remise en cause de la loi 1905 pour abattre jusqu’aux fondations de la République. Au bout de 100 jours le gouvernement est tellement affaibli qu’il en est réduit à de la gesticulation politique. On met les bijoux de famille au clou avant de fermer boutique. Finalement, on constate un aveu d’impuissance. Pathétiques 100 jours, jusqu’en 2007 le calvaire va être long. Mais pour sauver l’UMP, ses 359 députés, ses 152 sénateurs et ses 33.000.000 d’euros de financement public, on n’hésite pas à enterrer la France !

jeudi, septembre 01, 2005

Villepin l’illusioniste

Le chef du gouvernement s’était donné cent jours pour redonner le moral aux Français. A quelques jours de la rentrée, et face à la réalité des faits on nous a sorti quelques mesures aux allures sociales. Si les talents d’illusionniste du Premier Ministre n’ont convaincu personne, on a compris qu’on est entré dans un nouveau temps politique. On prépare les élections.

Pendant 3 ans M. Raffarin, sous l’autorité du président de la République s’est employé à affaiblir l’Etat, démanteler la protection sociale et creuser les déficits. Les Français, sonnés par la violence de la politique menée, ont sanctionné à plusieurs reprises la droite. Mais l’Etat UMP n’en avait cure. La logique de remise en cause des acquis républicains était prioritaire sur toute autre considération.

Toutefois, à deux ans des élections présidentielles le parti majoritaire a jugé que la colère des Français pourrait lui coûter cher (33 millions d’euros par an, en fait). On nous a donc annoncé avant la rentrée quelques mesures censées être sociales. Le retour des emplois jeunes à l’éducation nationale, un saupoudrage d’argent pour les plus modestes et une prime pour l'emploi revalorisée. On gère la précarisation généralisée des salariés organisée par la droite depuis son retour au pouvoir. On accompagne la modération salariale des entreprises et la disparition programmée du CDI en organisant la solidarité des salariés par l’impôt.

En réalité les diverses primes promises par le gouvernement ont pour seul objectif de constituer une pause dans le travail de démolition du pacte Républicain entrepris depuis 3ans. C’est la tactique de l’élastique on recul pour mieux achever la liquidation de la République après 2007.

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