Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

mardi, septembre 06, 2005

Cent jours pour sauver le soldat UMP ?

Le chef du gouvernement avait donné cent jours au duo improbable qu’il forme avec Nicolas Sarkozy pour redonner le moral aux Français. Quelques jours avant le terme de son pari, rattrapé par la réalité, il a du annoncer quelques mesures aux allures sociales. Cette diversion avait pour objectif de maquiller un bilan plus que décevant. Mais le retour des emplois jeunes à l’éducation nationale, un saupoudrage d’argent pour les plus modestes et une prime pour l'emploi revalorisée ne trompent personne. On gère la précarisation généralisée des salariés organisée par la droite depuis son retour au pouvoir. On accompagne la modération salariale des entreprises et la disparition programmée du CDI en organisant la solidarité des salariés par l’impôt. En résume on fait du rafistolage pour endormir la colère des Français jusqu’en 2007. C’est la tactique de l’élastique, on relâche la pression pour mieux rebondir ! La réalité des cent jours de gouvernement qui viennent de s’écouler est bien loin des tours de passe passe du Premier Ministre.


On a fait de la « bataille de l’emploi » la priorité nationale. Mais on a oublié d’ajouter que l’objectif était seulement de faire baisser les chiffres du chômage, pas le chômage lui-même, ou la pauvreté. Ainsi, on a commencé par nettoyer au karcher les fichiers de l’ANPE pour stabiliser la courbe du chômage puis on a sorti le plan de cohésion sociale. Mais une fois de plus c’est aux plus faibles que l’on demande de faire des sacrifices pour l’intérêt des plus favorisés. Le gouvernement est allé chercher son inspiration du coté du hard discount en organisant l’exploitation de la misère comme solution au chômage. Les « services à la personne » et les contrats « nouvelle embauche » dont on nous dit qu’ils sont le nouvel Eldorado, c’est l’institutionnalisation d’un nouveau « lumpenprolétariat ». Quels droits sociaux et syndicaux quand on est payé à la tâche ? quand l’employeur est libre de nous licencier selon son bon vouloir? Comme pour l’école, le gouvernement recherche dans le passé les solutions aux problèmes d’aujourd’hui. Le manque d’imagination sociale de la droite nous ramène à grands pas vers le XIXe siècle avec ses petits personnels et ses patrons tout puissants. Le Premier Ministre, on le sait, se pique d’être un poète, malheureusement pour nous il semblerait que ce soit en lisant les Misérables et Oliver Twist qu’il recherche l’inspiration de sa politique sociale ! Or l’exploitation de la misère et la criminalisation de la pauvreté ne peuvent pas être une politique d’avenir !


De son coté le ministre de l’intérieur fait son show. Il faut « nettoyer » les cités, et les futurs karcherisés applaudissent des deux mains. Les « âmes sensibles » qui s’offusquent de la violence des politiques ne sont que des « nouveaux censeurs » qui attaquent le « nouvel homme à abattre ». Pourtant les excès de langage et les méthodes du Ministre président (de l’UMP) sont inquiétants. Ainsi, comme aux plus sombres heures du totalitarisme, si la géniale politique de celui dont l’ami, Patrice Hortefeux (futur ministre de la propagande ?), dit : "Il parle vrai, il agit carré, il imagine avec audace et il obtient des résultats", échoue c’est évidemment à cause d’une conspiration de saboteurs ! D’ailleurs, la chasse aux « erreurs » est lancée et s’est étalée tout l’été dans la presse, du délinquant multirécidiviste à l’évadé de l’hôpital psychiatrique, en passant par le juge irresponsable. Parallèlement, les députés UMP sonnent la charge contre une institution judiciaire jugée trop laxiste. L’Etat-UMP a trouvé la source de tous les maux de la France : « La Justice fait mal son travail ». En réalité, derrière cette idée simpliste il s’agit de remettre en question l’Etat de droit. De toute part on s’emploie en réduire les marges de manœuvre de la Justice : on réduit ses moyens, on l’attaque dans la presse, on étale ses erreurs et ses lenteurs. Enfin, évidemment, on enferme les avocats. On substitue peu à peu une justice politique façon Vychinski à la justice pénale. Pour y parvenir, la population est l’objet d’une intense mise en condition idéologique.

Logiquement le même gouvernement a décidé d’ignorer la délibération du conseil constitutionnel du 7 juillet 2005. Celle-ci lui avait rappelé qu’il fallait modifier le découpage électoral. Le premier ministre a préféré remettre à plus tard le redécoupage d’une carte électorale qui date maintenant de 1986. Elle aura donc plus de 20 ans lors du prochain scrutin. Peut-on penser que les évolutions démographiques du pays ne nécessitent pas un redécoupage en 20 ans ? Sur le plan national, l’inégalité entre la 2e circonscription de la Lozère (34 400 habitants) et la 2e circonscription du Val-d’Oise (188 134 habitants) atteint même 447 %. Par contre le gouvernement a entendu l’avis du conseil d’état sur le calendrier électoral. Le conseil des ministres du 02 août 2005 a approuvé un projet de loi organique prorogeant d’une année le mandat des sénateurs, des conseillers municipaux et des conseillers généraux renouvelables en 2007. Au passage le projet de loi prévoit que le mandat des conseillers généraux élus en mars 2004 sera prorogé, lui aussi, d’un an, jusqu’en mars 2011. Il aurait sans doute été plus démocratique de réduire à 5 ans le mandat des conseillers généraux qui seront élus en 2008, puisque l’on voulait maintenir le rythme de renouvellement triennal par moitié des conseils généraux.


Pendant 3 ans M. Raffarin, sous l’autorité du président de la République, s’est employé à affaiblir l’Etat, démanteler la protection sociale et creuser les déficits. Les Français, sonnés par la violence de la politique menée, ont sanctionné à plusieurs reprises la droite. Mais l’Etat UMP n’en avait cure. La logique de remise en cause des acquis républicains était prioritaire sur toute autre considération. Nicolas Sarkozy veut même aller plus loin en prônant le communautarisme et la remise en cause de la loi 1905 pour abattre jusqu’aux fondations de la République. Au bout de 100 jours le gouvernement est tellement affaibli qu’il en est réduit à de la gesticulation politique. On met les bijoux de famille au clou avant de fermer boutique. Finalement, on constate un aveu d’impuissance. Pathétiques 100 jours, jusqu’en 2007 le calvaire va être long. Mais pour sauver l’UMP, ses 359 députés, ses 152 sénateurs et ses 33.000.000 d’euros de financement public, on n’hésite pas à enterrer la France !

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