Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

mardi, janvier 10, 2006

Leur dignité e(s)t la nôtre

Les derniers développements de l'affaire Humbert ont relancé les débats dans la presse, je vous propose à ce sujet de découvrir la tribune de ma collègue Maryline Daunis, conseillère municipale PRG de Rennes.

"Quelques mois après l’adoption de la loi pudiquement appelée « loi relative aux droits des malades et à la fin de vie », quel regard peut-on porter sur la question de l’euthanasie aujourd’hui? L’hypocrisie de notre droit et de notre système de santé a-t’elle cessé ?
Comme est long le chemin de la Dignité ! Chaque jour passe, et chaque jour des êtres humains continuentde mourir dans des souffrances tellement intenses que les forcer à survivre en devient indécent. A ce stade, l’euthanasie est une délivrance.

Ainsi le geste de Marie Humbert était-il l’expression d’un courage qui honore l’être humain. Mais les solutions proposéespar l’UMP procèdent elles d’une faiblesse qui n’honore pas la politique…

Le gouvernement d’alors, M. Douste-Blazy en tête, avait pourtant annoncé, pression médiatique oblige, vouloir affronter lesujet à bras le corps. Oubliés les rejets de toute proposition allant vers la reconnaissance d’un droit à l’euthanasie, tellecelle de Roger-Gérard Schwartzenberg (député PRG), la droite ouvrait les yeux! Le débat s’annonçait dans des termes nouveaux. En vérité celui-ci était déjà tronqué. Fruit d’un prétendu compromis parfait et difficilement acquis, la loi se voyait refuséetout amendement et remise en question parlementaire. Quel manque d’audace, quel manque de courage devant les drames présents à nos mémoires.

Certes la loi présente néanmoins quelques avancées. Ainsi « lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayantd’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, [les traitements médicaux] peuvent être suspendus ou ne pas êtreentrepris ». C’est là un droit accordé au patient et à sa famille, en accord avec le corps médical, de mettre un terme à dessouffrances qui peuvent ôter tout sens à une fin de vie. Il s’agit d’une euthanasie par omission ou passive. Elle vise à améliorersubstantiellement l’accompagnement des malades en fin de vie et l’exercice du si noble et difficile métier de médecin etde personnel soignant.

Cette possibilité doit être complémentaire d’un système de soins palliatifs performant qui reste, dans la majorité des situations,une solution appréciable et humaine. Malheureusement, si la loi comporte un volet «activité palliative des services»hospitaliers, sur le terrain les financements se font attendre. Comme souvent derrière les promesses des gouvernements UMP successifs, il n’y a ni les fonds promis ni volontarisme politique.
En outre les difficultés posées par une situation telle que l’a connue Vincent Humbert ne sont en aucun cas résolues.Tétraplégique, muet et aveugle à l’âge de 20 ans, il ne pouvait plus communiquer avec sa mère que par la pression de sonpouce. Durant trois longues années, il a continuellement affirmé à sa mère le souhait de quitter sa prison de chaire sansqu’aucune institution, aucune personne, ne soit habilitée à le faire malgré la compassion du corps médical.

En effet, la loi ne prend pas en compte les situations où l’interruption des traitements ne suffit pas à délivrer le mourrant, oùla personne souhaite qu’on l’aide de manière active à mourir. Ainsi Vincent Humbert, quand bien même sa vie était insupportable,et ne pouvant lui-même mettre fin à ces jours, se voyait condamné à souffrir en silence jusqu’à ce que la vieillessel’emporte. Comment pouvoir dès lors assimiler la compassion qui entoure l’acte d’aider cet être à quitter cette « vie »,avec la haine et la violence d’un véritable assassin? C’est pourtant ce que fait le code pénal.

Les Radicaux de Gauche, dans la continuité de l’action menée par Henry Caillavet, président d’honneur de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, ne pourront se résoudre à cesser leur combat pour qu’unréel droit à l’euthanasie existe. L’euthanasie par action et non la seule euthanasie par omission doivent êtredépénalisées. Devant les peurs qui peuvent être exprimées quant à de possibles dérives, rappelons qu’unencadrement strict autour du corps médical, de la famille, et qu’une loi claire et comprise par tous, assureraientl’exercice sage d’un droit dont la seule vocation est de permettre à quelques individus de mourir dans la dignité. Il est plus que temps, au nom du respect de la vie, au nom du respect de la dignité, qu’il soit enfin fait preuve d’humanité ! Nous y veillerons."

Maryline Daunis
Conseillère municipale PRG de Rennes

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