Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

dimanche, janvier 29, 2006

Proposition 6 de DSK : le système du « salarié franc »

J'ai été très occupé ces derniers temps, et je n'ai pas pu continuer à commenter les propositions de DSK, je reviens donc aujourd'hui sur sa proposition n°6 :

Cette proposition est certainement une meilleure approche que celle des "zones franches", mais cela reste du domaine du correctif, alors que l'objectif devrait être la non mise en place à l'origine du processus de discrimination.

Toutefois, on peut s’interroger sur cette habitude qui a été prise de considérer qu'on peut inciter à embaucher en baissant les charges sociales. Il y a grand danger à aller dans le sens de la "réduction des charges sociales". En effet, ces diverses cotisations, qu'elles soient payées par le salarié ou par l'employer sont un salaire différé. Ce sont des "économies", basées sur le montant du salaire, qui servent à financer la retraite, la santé etc. Ainsi, baisser les charges, c'est comme baisser le salaire, même si cela ne se voit pas de suite.

Ainsi, réduire les charges pour les entreprises qui embaucheraient des jeunes issus de quartiers défavorisés ne revient-il pas à reconnaître que ce sont des travailleurs de seconde zone ? En effet, soit la discrimination à l’embauche de ces jeunes se justifie et alors il faut « aider » l’entreprise à embaucher pour compenser la moins bonne efficacité de cette main d’œuvre, soit ces discriminations ne se justifient pas et il faut sanctionner celles et ceux qui les pratiquent et engager des actions pour changer les représentations négatives qui collent à la peau des ces travailleurs. En tout cas il me paraît périlleux d’essayer de réparer une injustice par une autre, l’affaiblissement du financement de notre protection sociale ne pouvant que conduire à une privatisation de celle-ci.

En effet, pourrons-nous longtemps continuer à défendre une protection sociale la plus complète possible, et donc onéreuse pour la collectivité, et en même temps refuser d’en payer le coût. On sait bien qu'un chômeur coûte plus cher à la société (en particulier une étude récente a montré que les chômeurs sont plus souvent malades) qu'un actif qui travaille. C’est pourquoi celles et ceux qui ont un emploi doivent contribuer à un moment à la solidarité nationale. Or quand on sait qu'il existe aujourd'hui des centaines de contrats de travail différents, que les patrons qui se débrouillent bien ne payent pas de charge sur les bas salaire, il me parait suicidaire de proposer encore une fois des réductions de charge comme incitation à l'embauche.En conclusion, de deux choses l'une :
- soit la protection sociale telle qu'elle existe aujourd'hui est un frein à l'embauche et joue un rôle dans le chômage actuel et il faut en tirer les conséquences, même si cela est douloureux pour nous.
- soit on pense que le problème se trouve ailleurs, et qu'une protection sociale solide, bien qu'onéreuse, contribue à disposer d'une main d'oeuvre en bonne santé et en bonne capacité de fournir un travail de grande qualité et dans ce cas il faut défendre le modèle actuel, mais accepter d'en payer le prix.

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