Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

mercredi, juillet 26, 2006

La France face au défi des retraites

Martine évoquait au début du mois la question des retraites dans un de ses commentaires sur mon blog. La question est effectivement d’actualité et les dernières nouvelles ne sont pas très réjouissantes. En effet, il y a ce qu’on voudrait, ce qu’on aimerait, ce qui serait bien, et il y a les faits.

D’abord il y a une réalité démographique qui pèse de plus en plus lourd sur notre système de retraites, car pour que certains touchent une retraite il en faut d’autres pour payer. Or les derniers chiffres sont inquiétants. L’étude de l’Insee publiée vendredi révèle que la population active va rester stable alors que celle des inactifs ne va cesser de croître. Résultat : la France comptera à peine 1,4 actifs par inactifs à l’horizon 2050. Le résumé de l’étude sur le site de l’INSEE est assez éloquent :

La croissance de la population active est en train de ralentir. Selon la nouvelle projection tendancielle, le nombre d’actifs augmenterait encore au même rythme que les années précédentes jusqu’en 2007, puis sa croissance se réduirait progressivement jusqu’à 2015. Il se maintiendrait ensuite entre 28,2 et 28,5 millions. Une population totale fortement révisée à la hausse ainsi qu’une remontée de l’activité des seniors induite par les réformes des retraites expliquent ce nouveau profil. Néanmoins, du fait de la croissance de la population âgée, en 2050, il n’y aurait plus que 1,4 actif pour un inactif de plus de 60 ans, contre 2,2 en 2005. Un solde migratoire différent aurait un effet immédiat sur le nombre d’actifs alors qu’une remontée ou une baisse de la fécondité ne jouerait qu’après 2025. Ces variantes n’auraient cependant que peu d’impact sur le rapport entre actifs et inactifs de plus de 60 ans.

Graphique 1Projection de population active en moyenne annuelle selon le scénario tendanciel


Source : projections de population active 2006-2050, Insee.

Pour lire l’étude complète :

http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1092/ip1092.html

Evidemment les incertitudes sont importantes sur ce genre d’études, en effet il est difficile par exemple d’anticiper le comportement des seniors, le risque étant qu'ils ne choisissent de prendre leur retraite plus tôt en acceptant des niveaux de pensions plus bas. Pendant ce temps-là, les actifs du Fonds de réserve des retraites (FRR) français étaient valorisés à 27,6 milliards d'euros au 30 juin, contre 28,1 milliards d'euros fin mars à cause du recul des marchés financiers.

Face à cette bombe démographique et économique le PRG a fait des propositions réalistes depuis 2002 en s’appuyant sur sa tradition solidariste pour garantir à tous une retraite équitable et limiter les risques d’une explosion du système à terme.

D’abord, il faut conforter le système par répartition qui introduit une solidarité entre les actifs et les inactifs. La solidarité inter-génération a fait ses preuves ; le système par répartition a permis aux retraités de bénéficier d’un bon taux de remplacement jusqu’à aujourd’hui. En plus, les crises boursières, les difficultés rencontrées par les systèmes par capitalisation du type fonds de pension à l’étranger ou sur des entreprises comme General Motors, montrent suffisamment les risques que portent les solutions du type « capitalisation » ; ce qui ne veut pas dire que, sur le long terme, elles ne peuvent pas jouer un rôle additionnel, on le verra plus bas.

Il y a quand même des orientations nouvelles à prendre si on ne veut pas que la solidarit deviennent à fardeau pour ceux qui la porteront. D’abord, il faut tenir compte de toutes les activités. L’individu ne peut plus seulement être considéré comme un travailleur : il organise sa vie en fonction d’activités choisies, productives et non productives, de périodes de non-activité subie. De plus en plus il faudra considérer la période allant de la formation supérieure ou de l’apprentissage jusqu’à la retraite comme un tout composé de périodes diverses, d’activités successives ou complémentaires. La retraite ne pourra plus être seulement calculée en fonction de l’emploi salarié ; les droits à la retraite devront tenir compte de ces différents temps d’emplois, d’autres activités ; de formation, etc. A ce sujet on doit se féliciter que tous les assurés âgés de 20 à 59 ans puissent désormais racheter leurs années d’études supérieures diplômantes pour leur régime de base de retraite, mais on peut aller plus loin. Ensuite, il faut tenir compte de la valeur ajoutée. La part des salaires dans la valeur ajoutée n’a cessé de se réduire depuis 25 ans. Elle est en 2001 inférieure de 10 points à son niveau culminant en 1981 (tombant en 2001 à environ 60 %). Il devient de moins en moins crédible de calculer les cotisations patronales sans tenir compte de la valeur ajoutée et, en son sein, de la part, donc croissante, des revenus du capital. Cette prise en compte de la valeur ajoutée n’implique pas, pour autant, un gonflement automatique du montant global des prélèvements. Enfin, il faut intégrer tous les actifs. La politique de pré-retraite forcée a été et reste contradictoire avec toute politique visant à conforter les systèmes de retraite.

L’équilibre du système peut, ensuite, être réalisé en s’appuyant sur les propositions du programme de Christiane Taubira en 2002 qui proposait d’envisager un système de retraites à trois niveaux:

Le premier niveau est celui de la sécurité. Tout individu doit disposer, à l’âge de la retraite, d’un revenu minimum au moins égal au SMIC. En tant que de besoin, ce revenu minimum garantie sera financé par l’impôt.

Le deuxième niveau est celui de la solidarité. Il est le cœur du système des retraites, et doit continuer de reposer sur la répartition.

Au-delà d’un certain niveau de pensions de retraite (trois ou quatre fois le SMIC, en fonction des contraintes de financement), les compléments le cas échéant recherchés relèvent de la responsabilité individuelle. Ces compléments doivent être financés par la capitalisation. A cette fin, devront être prévus des dispositifs de soutien fiscal à la constitution d’épargne-retraite comparables à celui qui est en vigueur pour la fonction publique.

En attendant vous pouvez toujours vous faire une idée de votre retraite en l’état actuel du droit avec le simulateur du site lesechos.fr

http://www.lesechos.fr/patrimoine/calcul/retraite/e_retraite.html

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