Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

samedi, septembre 30, 2006

Les impressionistes au secours des habitants d'Osny


Je vous invite à lire un article de Libération qui date du 19 septembre 2006

Par Edouard LAUNET
http://www.liberation.fr/culture/205210.FR.php




Pissarro et Gauguin au secours des Osnyssois

Pour une vue imprenable sur la progression de l’urbanisation en Ile-de-France, Osny, près de est un excellent point de vue. Ici le béton vient se briser contre le PNR du Vexin français. Osny se trouve juste à la frontière, mais hélas du mauvais côté, et ce qui était presque un bout de campagne, voilà encore vingt ans, est devenu une cité-dortoir où les résidences poussent dru. Or, voilà qu'en janvier dernier, lors d'une enquête publique pour l’adoption du PLU l'expansion anarchique de la ville est tombée sur un os qui s'appelle... Camille Pissarro.

En effet, Pissaro qui vécut ici en 1883 et 1884, invita Paul Gauguin et d'autres à peindre les paysages alentour. Si bien qu'un amateur a pu recenser dans les collections publiques et privées 78 vues d'Osny par Pissarro, 10 par Gauguin, mais aussi, dans un style plus classique, 7 d'Alexandre-René Véron, 11 de William Thornley, etc. Soit au total 120 toiles d'Osny. Une association locale s'est emparée de cette recension pour déposer fin juin, auprès du préfet du Val-d'Oise, une demande de classement de plusieurs périmètres d'Osny, parmi les plus représentés. Jean-Yves Huchet, président de l'association des « Osnyssois du versant nord », estime «indispensable pour le patrimoine de notre pays de protéger des sites qui ont été le théâtre de l'expérience impressionniste, [...] de la même importance de celle de Pontoise [quartier de l'Hermitage, ndlr] et d'Auvers-sur-Oise» .

Question de fond posée par l’association : quel est l'intérêt de ces sites au regard de l'aventure val-d'oisienne de l'impressionnisme ? Réponse de la municipalité dans l'enquête publique : «Les sources d'inspiration des peintres impressionnistes à Osny ont été, essentiellement, des paysages modestes et de faible envergure, des chemins campagnards, des chaumières et des fermes en plus ou moins bon état, voire des masures.» Sujets qui n'ont «aucune valeur autre que sentimentale». Des fermes en meilleur état et des paysages de plus grande envergure auraient-ils modifié l'opinion du maire (UMP) Christian Gourmelen ? On ne sait : ce dernier n'a pas retourné les appels du journal Libération.

L'affaire est rendue particulièrement cocasse par l'attitude des promoteurs immobiliers qui, d'un côté, vantent les charmes impressionnistes de la ville, quand, de l'autre, ils bâtissent leurs logements sur les sites que les peintres ont immortalisés. Ainsi, les «Terrasses du Val» ( «appartements familiaux» nichés au coeur d'une « ville d'art et d'artistes, résidence de Camille Pissarro et William Thornley», dixit la brochure de ce programme immobilier) vont bientôt s'élever sur le site de la ferme de la Friche, souvent peinte par lesdits artistes.

L'impressionnisme s'est déployé dans le Val-d'Oise le long de deux axes. L'un court le long de l'Oise, de Pontoise vers Auvers, deux villes qui ont protégé leurs sites via des ZPPAUP (zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager). L'autre, moins connu, remonte vers Boissy-l'Aillerie, le long de la vallée de la Viosne, en passant par Osny. Le fait le plus marquant de la peinture osnyssoise, c'est sans doute la rencontre entre Pissarro et Gauguin.

Sites dégradés. Les deux hommes ont fait connaissance en 1874. Le premier est déjà un maître ; le second, plus jeune de dix-huit ans, cherche encore sa voie. Huit ans plus tard, Gauguin abandonne son boulot à la Bourse pour se consacrer totalement à ses pinceaux. C'est à cette époque qu'il passe beaucoup de temps avec Pissarro à Osny, où il peint notamment la ferme de la Groue. C'est un bout de cette histoire qui risque de disparaître.

Aujourd'hui, les sites sont très dégradés, mais, pour Jean-Yves Huchet, rien n'est perdu. «A Pontoise aussi, le quartier de l'Hermitage était très dégradé. Or ce patrimoine a pu quand même être sauvé.» Pour la municipalité, au contraire, ces sites sont quasi morts : «Ou bien ils tombent d'eux-mêmes en ruines, ou bien ils doivent être détruits pour insalubrité et ne sont plus acceptables de nos jours.»

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