Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

vendredi, octobre 13, 2006

Génocide arménien : les députés français provoquent la colère turque

L’Assemblée nationale a adopté jeudi 12 octobre la proposition de loi socialiste rendant passible de prison la négation du génocide arménien. La Turquie a vivement réagi à ce vote, également critiqué par la Commission européenne.

La proposition de loi punit d'un an de prison et de 45 000 euros d'amende la négation du génocide arménien. Elle complète la loi de 2001 reconnaissant le génocide de 1915, que la Turquie réfute catégoriquement. Cette proposition de loi a été adoptée à une large majorité par 106 voix pour et 19 contre, tous groupes politiques confondus, mais seuls 129 députés sur 577 ont participé au vote.

Proposée par le PS, la loi a été défendue énergiquement par Patrick Devedjian (UMP) alors que des personnalités socialistes comme Jack Lang et Henri Emmanuelli, absentes lors du vote, ont regretté son adoption. Selon certains politiques et de nombreux historiens, l’Assemblée nationale n’a pas vocation à écrire l’Histoire. De plus, certains observateurs soupçonnent une ambition électoraliste, la communauté arménienne représentant environ 500 000 personnes en France.

Emile Zuccarelli est intervenu dans le débat :
M. Émile Zuccarelli – Les députés non-inscrits n’ayant, une nouvelle fois, pas pu bénéficier des cinq minutes de droit lors de la discussion générale, je suis contraint de m’inscrire sur l’article pour m’exprimer.

M. Guy Teissier - Il faut choisir votre camp !

M. Émile Zuccarelli - Rien ne serait pire pour notre Assemblée que de se livrer à une compétition compassionnelle envers les Arméniens de France. La reconnaissance du génocide arménien est naturellement indispensable. À quoi devrait–elle servir ? Avant tout à créer une obligation de solidarité, voire à subordonner la conclusion d’accords avec la Turquie à sa propre reconnaissance du génocide. Voilà qui aurait de la gueule ! Pourtant, nous préférons réduire le débat à la condamnation du négationnisme.
J’étais déjà réticent à stigmatiser la négation de la Shoah. Entendons-nous bien : les négationnistes sont de dangereux imbéciles, des salopards même. Cependant, n’est-il pas également dangereux de sanctionner un désaccord avec une vérité officielle ? Naturellement, l’apologie est passible de poursuites, car c’est un appel à la violence, mais le rapport de cette proposition de loi fait un amalgame entre apologie et négation qui me fait froid dans le dos. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP)

La Turquie, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a regretté le "coup dur" porté aux relations franco-turques. Avant le vote, elle avait averti que cela pouvait porter préjudice aux relations entre les deux pays, notamment sur le plan économique.

Pour sa part, la Commission européenne a estimé que le vote "empêcherait le dialogue pour la réconciliation" entre la Turquie et l'Arménie. Bruxelles craint aussi que cet événement complique encore un peu plus les relations entre Ankara et l’Union Européenne, dans la perspective d’une future adhésion de la Turquie à l’UE.

Le gouvernement français s’est montré embarrassé. Ainsi, le Premier ministre Dominique de Villepin, en visite en Guadeloupe, a déclaré que ce n'était "pas une bonne chose que de légiférer sur les questions d'histoire et de mémoire". De son côté, la ministre des Affaires européennes Catherine Colonna a expliqué qu'elle n' était "pas favorable" à la loi, et a affirmé son attachement "à la qualité des relations" avec la Turquie.

Malgré son adoption par l’Assemblée nationale, la proposition est encore loin d'avoir achevé son parcours parlementaire. Elle doit à présent être inscrite à l'ordre du jour du Sénat avant d'être éventuellement soumise à une deuxième lecture des députés et adoptée définitivement. Si jamais le texte devait être rejeté, François Hollande a promis de le reprendre en cas de victoire de son parti aux élections de 2007.

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