Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

mardi, mars 27, 2007

La force des symboles

Nul ne niera la force des symboles en politique. Encore faut-il ne pas en exagérer la portée. La polémique sur la Marseillaise et le drapeau, écume d'un débat plus profond sur l'identité française, ne mérite ni les cris d'orfraie de l'extrême-gauche ni l'insistance avec laquelle Ségolène Royal rappelle au bon souvenir des citoyens l'existence de ces deux emblèmes de la France et de la nation. Déjà en 1848, le drapeau avait fait l'objet d'une vive controverse dans l'atmosphère enfiévrée d'une Révolution ballottée entre ses influences bourgeoise et ouvrière. Finalement Lamartine, en instaurant la IIème République, avait réussi à imposer le drapeau tricolore face au drapeau rouge. Aujourd'hui, ce n'est pas la couleur de l'étoffe qui est en jeu avec en toile de fond la lutte entre « la Marianne et la Sociale », pour reprendre une expression de Jules Vallès.

À travers les symboles qu'elle brandit, Ségolène Royal n'entend pas abandonner la nation à la droite, même si l'Histoire montre que cet amalgame, qui a la vie dure, n'est pas toujours justifié. Mais la véritable question de l'identité nationale -puisqu'il s'agit de cela en filigrane- mérite un autre débat que celui sur ses totems. L'immigration n'a jamais menacé l'identité de notre pays, comme l'ont montré les différentes strates d'étrangers qui sont venues s'installer en France depuis plus d'un siècle, dès lors qu'elles ont franchi la barrière de l'intégration. C'est donc à cet objectif que doivent travailler les responsables politiques, et notamment ceux qui sont candidats à la présidentielle. Le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale préconisé par Sarkozy, en comportant une évidente connotation xénophobe, n'a d'autre justification que d'entretenir les peurs et le rejet de l'autre à des fins électorales. Un ministère de l'Immigration et de l'Intégration serait plus approprié et moins dangereux sur le plan de la cohésion nationale. Il n'est pas infondé pour Ségolène Royal de revendiquer la nation. Elle voit même là un moyen de reconquérir les couches populaires qui craignent que la France se dilue dans l'Europe. Mais c'est davantage à travers son projet politique, c'est-à-dire son pacte présidentiel, qu'à travers les symboles, qu'elle doit le faire. Enfin, à trop s'attarder sur le terrain délimité par son principal adversaire, Nicolas Sarkozy, elle risque de se laisser enfermer dans un pré carré qui n'est pas celui sur lequel elle est attendue par les électeurs de gauche, à tort ou à raison. L'élection de 2002 a montré que c'est le candidat qui parvient à imposer son thème de campagne à son rival qui l'emporte.

À trop vouloir gagner sur le centre et sur sa droite, Ségolène Royal risque de perdre des plumes sur sa gauche. Certes sa marge de manœuvre est étroite mais elle doit prendre garde à une extrême-gauche plus visible sur le plan médiatique et qui n'a d'autre solution que de l'attaquer avec violence si elle veut figurer de manière relativement honorable au premier tour.

par : Jean-Pierre Bédéï

source : la dépêche du Midi

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