Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

samedi, juin 02, 2007

Principe de réalité

L'hyperactivité de Nicolas Sarkozy n'a pas seulement pour objectif d'imposer un nouveau style présidentiel. Elle vise aussi à siphonner la gauche jusqu'aux élections législatives. En occupant quotidiennement le terrain, le Président rend l'opposition inaudible et s'efforce de montrer qu'il est inutile de voter pour une autre politique que la sienne les 10 et 17 juin puisque son programme commence à s'appliquer. Il se complaît dans la technique du rouleau compresseur qu'il utilise depuis 2002. Avouons qu'elle ne lui a pas trop mal réussi puisqu'elle lui a permis de conquérir l'Élysée. Elle provoque néanmoins quelques ratés avant même que les premiers textes législatifs ne soient divulgués.

Car désormais Sarkozy n'est plus dans l'ère des promesses électorales qui, chacun le sait, favorise la surenchère et la démagogie. Le Président est désormais confronté au principe de réalité. Bien qu'il soit encore sur un petit nuage, les premiers couacs gouvernementaux devraient le contraindre à redescendre sur terre. Les Français risquent de prendre conscience rapidement que toutes les promesses qu'il leur a fait miroiter lors de sa campagne se révèlent loin d'être bien ficelées. Il en est ainsi des dispositions de déduction fiscale des intérêts d'emprunts immobiliers. Le hiatus qui est apparu à ce sujet entre le Président et le ministre du Budget, Éric Wœrth, montre que cette mesure n'a pas été préparée suffisamment dans le détail. De même, la question de la détaxation des heures supplémentaires, traduction concrète du fameux slogan « travailler plus pour gagner plus » est en train de virer au casse-tête. On découvre -un peu tard- que le dispositif prévu comporte d'importantes lacunes. Les salariés à temps partiel en sont exclus. Pourtant, plus que d'autres, ils ressentent le besoin de « gagner plus ». Rien n'est prévu non plus pour les cadres qui récupèrent les heures supplémentaires en jours de congés. Le cas des fonctionnaires ne semble pas, aussi, totalement bordé. Enfin, plus généralement, ce sont les chefs d'entreprise qui décident de l'opportunité des heures supplémentaires et non pas les salariés en fonction de leurs propres besoins. On a du mal à imaginer que dans le staff de campagne de Sarkozy aucune des têtes pensantes qui ont travaillé sur le programme du candidat n'a anticipé de tels écueils. Ou alors il convient de s'interroger sur les compétences de la nouvelle équipe. On peut également s'étonner que la gauche ne se soit pas montrée plus convaincante et plus efficace pour discréditer un dispositif aussi bancal. Elle qui voulait faire du social son terrain de prédilection, elle disposait là d'un angle d'attaque qu'elle n'a jamais réussi à exploiter.

Sans doute le slogan « travailler plus pour gagner plus » apparaissait, dans sa simplicité, comme un appât électoral propre à séduire les catégories populaires. Il pourrait atteindre très rapidement ses limites pour montrer qu'il relève du simplisme. Au grand dam des salariés.

Jean-Pierre Bédéï
www.ladepeche.com

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