Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

jeudi, août 23, 2007

Ce déclin américain si souvent annoncé

D’un point de vue géopolitique et surtout géostratégique, les Etats-Unis n’ont nullement renoncé à l’hyperpuissance.
Par Jacques Soppelsa, président honoraire de l’université Paris-I, professeur de géopolitique à la Sorbonne.

Il est désormais de bon ton, depuis quelques semaines, notamment dans les revues de vulgarisation ou les émissions télévisées régulièrement alimentées par les bavardages des éternels pseudo-experts, de gloser à loisir sur le déclin inexorable de l’Empire américain !
Nous ne reviendrons pas sur la thèse, un tantinet périmée, de notre confrère Paul Kennedy, thèse émise au lendemain de la chute de l’URSS et qui a volé en éclats, confrontée aux démonstrations de la realpolitik durant la dernière décennie. «Les faits ont la vie dure», soulignait le camarade Lénine, il y a bientôt un siècle.
Il n’est certes pas question pour nous de minimiser aujourd’hui la crise financière et boursière qui sévit outre-Atlantique, même si les Américains en ont connu bien d’autres ; ni de nier les effets désastreux de la politique immobilière, par exemple, ou les manifestations régionales, ici et là, de contestations sociales ; a fortiori, de nuancer les conséquences dramatiques, à tous niveaux et à tous égards, des initiatives de l’administration bushienne en Mésopotamie. Bien malin qui pourrait s’aventurer à émettre un quelconque pronostic à court terme quant au sort de l’Irak, ravagé par les séquelles directes de l’intervention américaine, il y a bientôt quatre ans.
Quant aux relations diplomatiques entretenues aujourd’hui par la Maison Blanche avec le sous-continent latino- américain et de la «diagonale démocratique», le moins que l’on puisse écrire c’est que nous sommes ici fort éloignés de la période de relative euphorie caractérisant la double mandature Clinton, voire la présidence de Bush senior !
Nous le soulignions naguère : sans l’ombre d’une hésitation, nos «experts», oubliant sciemment ou inconsciemment, par exemple, l’application rigoureuse du programme de Missile Defense (mise en place d’un bouclier antimissiles susceptible, non seulement d’assurer la protection et la sécurité du territoire américain, mais celle d’une riche palette d’alliés), brodent sans états d’âme sur le thème du «déclin». Où est passée l’hyperpuissance, s’interrogeaient déjà certains d’entre eux, il y a deux ans !
Nonobstant les effets traumatisants (eux aussi difficilement niables) de la pitoyable saga irakienne, et ceux, plus traumatisants encore, des séquelles des actions terroristes perpétrées naguère par le fondamentalisme islamiste le plus radical, un certain nombre de constats positifs semblent pouvoir nous autoriser à plus de réalisme : la mise en place du programme Missile Defense ne peut que contribuer à resserrer les liens entre les Etats-Unis et des alliés en nombre croissant : l’Etat d’Israël et la plupart des pays membres de l’alliance atlantique, certes, mais également les nouveaux partenaires de l’OTAN. La consolidation d’un certain nombre de points d’ancrages fondamentaux, dans le contexte géostratégique initié scrupuleusement par la Maison Blanche depuis plusieurs décennies, est patente, de Panama aux détroits de l’Asie-Pacifique ; l’implantation spectaculaire des intérêts nord-américains en Afrique subsaharienne, prenant inexorablement le relais d’une «Françafrique» de plus en plus décriée est édifiante, comme l’est, dans un tout autre domaine, la modulation des relations entretenues avec Pékin, au point que certains observateurs n’hésitent plus à parler de « collusion» entre les deux puissances (intérêts économiques obligent), voire de «Chimérique» (1) .
Pour ces observateurs, nous serions désormais bien loin de l’époque, il y a quelque deux ou trois ans, où Madame Rice évoquait clairement le danger représenté par les «Etats préoccupants» en ne manquant pas une seule litote susceptible de rappeler aux auditeurs que lorsqu’elle parlait de Corée du Nord ou de Birmanie, par exemple, on devait entendre Chine populaire !
Quant aux capacités de rebondir de l’économie américaine, toute l’histoire de cette dernière, y compris dans les années trente, fourmille d’exemples révélateurs. Ignorer le poids du «complexe militaro-industriel» et son rôle moteur dans l’économie nationale confine au grotesque, au même titre que la solidité «historique» de certains liens, les pétroliers ne sont pas les seuls derrière George W. Bush. A fortiori, quand on rappelle que les «divergences», régulièrement soulignées par nos maîtres penseurs, entre républicains et démocrates, tant en matière de doctrine que de politique internationale, y compris au plan de la donne économique, représentent l’un des plus tenaces mythes de l’Amérique contemporaine.
Si le malheureux Al Gore, désormais chantre de l’environnement, avait eu l’heureuse idée de se faire élire en 2000, au lieu de se contenter d’obtenir plus de voix que son adversaire, il aurait poursuivi quasiment à l’identique les mêmes orientations doctrinales ; et l’hypothèse du retour d’un ou d’une démocrate à la Maison Blanche s’avérerait nullement incompatible avec la poursuite de la «quête américaine du Graal», le contrôle de l’espace. En dépit de multiples difficultés conjoncturelles, les Etats-Unis, inébranlablement persuadés d’être la nation bénie de Dieu, God Bless America, marquée du sceau de la «destinée manifeste», visent plus que jamais à l’obtention du statut inédit d’hyperpuissance, via notamment la concrétisation d’une véritable géopolitique orbitale.
(1) Contraction de Chine et Amérique. Lire la tribune de Christian Mégrélis dans Libération du 6 août.
Dernier ouvrage paru: Les Etats-Unis : une histoire revisitée, éditions la Martinière.

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