Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

vendredi, août 03, 2007

L'injuste franchise

par Jean-Claude Souléry

L'éventuelle franchise sur les soins de santé est un nouveau coup de canif porté au principe de solidarité.

50 centimes d'euro par boîte de médicament, ce n'est pas un prélèvement excessif, dira-t-on. Mais c'est pourtant un engrenage qui se met sûrement en place et menace le subtil équilibre social de la société française. Que des malades paient pour les malades - un peu comme les coupables paient pour leur faute - constitue en effet un principe choquant.

D'autant plus choquant que l'annonce en a été faite sur le ton de la compassion par le président de la République à l'occasion d'une visite dans une maison de retraite. Qui peut critiquer en effet la volonté affichée par Nicolas Sarkozy d'amplifier la lutte contre le cancer, la recherche sur la maladie d'Alzheimer, ou encore de développer les soins palliatifs ? Mais n'est-ce pas à l'État de prendre en charge des dépenses qui, directement ou indirectement, concernent ou peuvent concerner tous les citoyens ? D'autres moyens en effet existent pour financer l'effort de la nation dans ces domaines, par exemple une TVA sociale, ou encore un impôt de solidarité - et non cette nouvelle ponction supportée par les seuls malades qui s'ajoutera à la franchise d'un euro sur chaque consultation, au forfait hospitalier ou encore au forfait de 18 euros sur les actes hospitaliers lourds. C'est le constat d'une injustice. On pourrait en conclure qu'il vaut mieux en tout cas être soignant que soigné, dans la mesure où les revenus des médecins, eux, ont augmenté de 15 % en moins de deux ans !

N'est-ce pas d'ailleurs une nouvelle société qui, au nom de la rupture, se met en place ? Le citoyen y disparaît au profit de l'individu, et, à leur tour, les individus sont regroupés en communautés d'intérêt. On vient ainsi de créer la communauté des malades qui, en entrant dans une pharmacie, seront rackettés au profit de la santé publique ! Tout ça n'est pas vraiment solidaire ni même « républicain » au sens où l'entendaient il n'y a pas si longtemps les purs gaullistes. La solidarité - telle qu'elle s'exprimait notamment à travers notre système de santé - était en effet un des consensus dont la France pouvait être fière, elle rejoignait ces « exceptions françaises » autrefois louées par la plupart des familles politiques, mais dont on nous dit désormais qu'elles ont fait leur temps, qu'elles « coûtent trop cher », qu'il faut à tout prix les réformer.

Le principe constitutionnel est pourtant clair : « La nation garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé… ». Faudrait-il appliquer une logique strictement comptable à un principe qui avait jusque-là une valeur hautement politique?

Le mécontentement du monde associatif et syndical qui s'exprime aujourd'hui est sans doute atténué par la moiteur ambiante - état de grâce et état des vacances mêlés. Mais attention, il pourrait bien s'exprimer plus tard, cette fois par la voix de tous les assurés sociaux qui passent à la caisse des pharmacies.

source : la dépêche du Midi

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