Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

mercredi, août 22, 2007

Médicaliser la justice?

A l'évidence notre président de la République recherche du côté de Moscou l'inspiration pour sa politique pénale. On sait depuis qu'il a été ministre de l'intérieur que monsieur Sarkozy a un problème avec les juges, ils appliquent la loi, pas ses ordres!

Le président de la république s'appuie donc sur l'émotion légitime du pays après l'affaire Francis Evrard pour proposer des mesures "médicales" contre les pédophiles récidivistes. "Les délinquants sexuels ne sortiront de prison qu'à deux conditions: l'exécution de leur peine et l'examen par un collège de médecins pour voir s'ils sont dangereux ou pas", a annoncé M. Sarkozy, à l'issue d'une réunion interministérielle. M. Sarkozy s'est également déclaré favorable à "la castration chimique" pour les pédophiles "qui accepteront de se faire soigner".

Ce qui est plus inquiétant c'est de voir que le président Sarkozy utilise l'émotion populaire pour faire revenir par la fenêtre un projet du ministre Sarkozy, le volet psychiatrie de son projet de loi sur la prévention de la délinquance,que le candidat Sarkozy avait du retirer pour déminer le terrain de la campagne électorale. Il mélangeait dans un même projet de loi la notion de délinquance et celle de maladie mentale. Rappelons que les conseillers de Sarkozy y
tenaient, voulant absolument modifier les règles de l'hospitalisation sous contrainte, et donner au passage plus de pouvoir au maire dans ce domaine. L'Intérieur tenant également à la création d'un fichier centralisé des hospitalisés sous contrainte.

En plus, il ne faut pas oublier dans ce débat le rapport de l'INSERM de septembre 2005 sur "les troubles des conduites chez l'enfant". Un travail fait exclusivement à partir de notions épidémiologiques et de santé publique (repérage, dépistage, programme de prévention). Et, au final, l'expertise préconisait «le repérage des perturbations du comportement dès la crèche et l'école maternelle». L'air de rien, les chercheurs stigmatisaient comme pathologiques «des colères et des actes de désobéissance», et les présentaient comme «prédictifs» d'une délinquance. «Des traits de caractères, tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme, l'agressivité», mais aussi «l'indocilité, l'impulsivité, l'indice de moralité bas», sont ainsi mentionnés «comme associés à la précocité des agressions».

Ce qui est à craindre dans toute cette affaire, c'est que le cas des pédophiles crée un précédent, pour pouvoir demain élargir la médicalisation à d'autres justiciables. Or où sont les régles élémentaires du droit si on réduit le justiciable à un malade qu'il faut soigner?

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