Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

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Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

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Lalmy 2008

dimanche, septembre 02, 2007

Propos d’un radical


Par Thierry JEANTET, vice-président du PRG

Le président du Brésil a parlé avec le président des Etats-Unis de bioénergies et donc de nouveaux modes de coopération mais surtout il a tissé des liens avec la Chine et plus récemment l’Inde, modifiant du même coup, quoiqu’en disent les vieilles puissances, la donne mondiale.
Quant au président Russe, qui n’a pas encore été frappé par le syndrome de la démocratie et de la paix, il veut donner à croire qu’il reconstruit une forteresse à l’est. Tout change, tout bouge. Y compris en Afrique où la Chine installe ses antennes. La mondialisation n’est déjà plus celle dont on nous a vendu l’image, comme si l’après-mur de Berlin n’est décidément plus la clef de la modernité. Qui d’ailleurs pourrait croire à un monde banalisé quand le Moyen-Orient reste en feu, l’ex-Union Soviétique secouée de guerres et tensions renouvelées, le 11 septembre n’étant qu’un repère tragique parmi d’autres.
Drôle de mondialisation, en fait bien plus divisée et remuante que l’on veut bien nous le dire. Bien moins porteuse de progrès aussi. Certes le dernier bilan du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pointe d’heureuses avancées sur le globe, mais souligne aussi la persistance brutale des inégalités, voire leur creusement au sud comme au nord, au sud par rapport au nord.
Epineuse mondialisation y compris au sein des pays développés qui oscillent d’une crise financière à l’autre en risquant de contaminer ceux qui cherchent, plus au sud, leur voie et parfois sont poussés à imiter leurs erreurs.
Maladive mondialisation dont se plaignent faune et flore comme humains participant ou plutôt provoquant ce qui les agressent. La crise du climat ne suffit pas à désciller les yeux des fossoyeurs du sommet de Kyoto.
Le monde attend..une autre mondialisation et non un retour en arrière qui ressemblerait à une illusoire et sans doute douloureuse démondialisation. Le monde d’ailleurs le dit, plus fort qu’avant. Soit de façon désespérée destructrice et suicidaire jusqu’au pire des terrorismes. Soit de façon imaginative et irrespectueuse avec les Forums Sociaux Mondiaux. Soit de façon révoltée par les mouvements sociaux et protestataires éparpillés sur les continents au grè des grèves, manifestations…
Plus près de nous, l’Union Européenne s’oublie. Ayant réussi remarquablement à poursuivre son élargissement facteur essentiel de stabilité pour le continent et au-delà, elle piétine et s’engourdit paralysée par un libéralisme vieillissant et inopérant. Chaque pays espèrant que le voisin sera la bonne locomotive. L’institution européenne centrale (la Commission) semblant être crispée sur le Traité de Rome et pressée d’effacer les trop maigres apports de ceux qui lui ont succédé.
Le monde, l’Europe, manquent de civilité. Parfaitement : de civilité ! La France aussi…d’ailleurs.
Il ne sera pas éternellement possible que les organisations internationales restent – pour nombre d’entre elles – sourdes aux mouvements qui parcourent le monde, comme si elles omettaient que Yalta (et quelques sommets suivants) c’est fini! Comme s’il était normal de laisser les manettes de l’internationalisation à un aréopage restreint; la légitimité semblant être forcément nordique…Le sud étant éternellement prié d’apprendre et donc d’attendre.
Il ne sera pas toujours acceptable d’avoir une Union Européenne politiquement atone et socialement atrophiée restreignant d’elle-même, de ce fait, sa capacité de croissance et de plus juste répartition des fruits de celle-ci. Une panne, ça se répare. Mais pas en cachette ou presque. Les citoyennes et citoyens qui - le masque t-on ?- font l’Europe, les forces vives qu’ils ont forgé, ne pourront plus être tenus à l’écart de la construction d’une Union aujourd’hui distante et hésitante.
La France, elle même, ne pourra plus entrer franchement dans ce siècle amorcé sans que les femmes et les hommes soient appelés à concourir aux grands choix sociétaux, stratégiques, autrement que par des votes aux élections traditionnelles. La dynamique ne peut seulement être le produit d’un exécutif ou même d’un hyper-exécutif. Elle ne sera durable que si elle devient d’initiative civile. Parlementaire aussi, bien sûr, un état de la Nation ne devant pas être dressé que par le haut, mais aussi par les élus de la Nation, sinon il s’agit d’une démocratie – entre les élections – à sens unique.
Cette France qui, assoiffée de sécurité (ce qui est compréhensible), risque d’autant plus de se recroqueviller sur elle même et, tristement, susciter en son sein des cercles de pouvoirs et de citoyennetés ou d’a-citoyenneté, imperméables les uns aux autres. France, heureusement ambitieuse mais qui est plus préoccupée de couper ses propres branches (notamment celle de la sécurité sociale avec les franchises, celles de la fonction publique en s’attaquant à l’éducation nationale…) que de nourrir ses racines républicaines délaissant la laïcité et traitant l’économie par le menu.
Pendant ces temps agités, les Radicaux s’interrogent. Oui…Les Radicaux !
Vous savez, ceux qui ont porté la République à ses débuts, installé la laïcité au cœur de son fonctionnement, défendu les libertés individuelles, appelé au solidarisme…C’est bien d’eux dont il s’agit !
Que peuvent-ils faire s’ils ne sont pas seulement les (modestes)héritiers de plus de 100 ans d’histoire et les adorateurs de leurs anciens : Gambetta, Herriot, Zay, Mendès-France, Crépeau…?
- Appeler justement à un monde, à une Europe, à une France d’abord plus civils. Les citoyens ne devant plus être condamnés à être contre les pouvoirs (Alain) mais au pouvoir. Dans notre pays et en Europe, entre autres, où il serait temps que le droit d’initiative civique (qu’il soit législatif, référendaire, ou même de mise en œuvre d’actions d’intérêt général) soit établi. La seule réforme -indispensable- et de l’exécutif et du législatif n’ayant sinon pas de sens dans une période d’accélération des changements.
- Appeler tout aussi fortement à un monde et à une Europe laïcisés au nom du combat – à reprendre – pour la paix. En refusant de se laisser enfermer, intimider et finalement affaiblir par les discours et les théories disons théologiques. Ce n’est pas un mince enjeu, mais il est dangereux, insupportable de laisser croire qu’il est vain. Laïcité qui a en France besoin d’être convoquée au premier rang face aux ferments de division, au communautarisme flatté, au rejet des autres normalisé.
- Appeler à une Union Européenne d’abord politique et donc forcément sociale, civique autant qu’économique. Donc à une Union qui prépare une réforme profonde de ses institutions et modes de fonctionnement et non qui se contente d’avancer par hoquets successifs. Une Union Européenne capable de fédérer le continent même si elle n’est pas formellement fédérale, mais rassemblant très vite sous son son toit, les peuples, y compris ceux qui se sont entredéchirés hier ou continuent (pensons au Kosovo) à ses portes aujourd’hui, ceux aussi qui sinon basculeront dans la délaïcisation (Turquie). Donc qui se dégage des vieilles habitudes, des carcans et provoque le dialogue avec ses voisins les plus proches au lieu de les laisser seuls face aux ex-grandes puissances.
- Appeler à une conception neuve de toute croissance d’abord en France et en Europe. En commençant par demander à toutes les forces civiles de s’en mêler et d’en dessiner les contours. Pour sortir de débat néfaste et minorant entre partisans de la bonne vieille croissance du seul PIB et ceux d’une décroissance purificatrice. Cela suppose une habilitation des corps sociaux et syndicaux, associatifs et non pas seulement des corps entrepreneuriaux, à être parties prenantes.
- Appeler à un puissant renforcement des solidarités pour rendre effective l’égalité des possibles. Ce qui veut dire un renversement des politiques de l’éducation et de la santé qui doivent être vitaminées et non agressées. Ce qui veut dire, au delà, une option claire et effective pour un développement concerté et durable entre les nations, particulièrement entre la France et ses partenaires d’Afrique (y compris, bien entendu, celle du nord).
Les Radicaux, tous les Radicaux, le veulent-ils ?
S’ils veulent jouer, à nouveau, un rôle central, sont-ils prêts, non à des compromis mais à des engagements publics allant en ce sens ? Agir ensemble doit signifier prévoir et s’engager ensemble. Sinon, tout rapprochement peut ressembler à un pacte politique à durée limitée. Les Radicaux pourraient-ils, du même élan, provoquer de plus larges rassemblements ? Peut-être peuvent-ils avant de grandir jouer déjà le rôle de petits poucets conduisant les forces de progrès, de gauche, à retrouver une nouvelle maison ouverte sur l’avenir ?
Et si les Radicaux après une longue éclipse appelaient à une nouvelle aurore politique ?

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