Le blog de l'actualité radicale de Pascal-Eric Lalmy

Mon ancien blog sera consacré à partir de la rentrée à l'actualité politique. J'ai désormais un nouveau site personnel http://lalmy.unblog.fr/

Ma photo
Nom :
Lieu : Osny, Val d'oise, France

Pascal-Eric Lalmy, conseiller municipal de Osny et président du PRG95, mes blogs illustrent la diversité de mes engagements.

Retrouvez-moi sur mon nouveau site personnel

Lalmy 2008

samedi, décembre 08, 2007

M. le président, donnez un cap plus social à votre politique !

Par Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche.

Vous avez reconnu, monsieur le président, qu’il y a en France une grave crise du pouvoir d’achat qui touche d’abord de trop nombreux Français (plusieurs millions) qui vivent avec 800 euros (ou moins) par mois, mais aussi toutes les familles à revenus modestes.

Vous proposez de réunir les partenaires sociaux, très bien ! Mais encore faut-il examiner tous les volets de la situation et les traiter avec eux comme avec les associations sociales, sinon le scepticisme et la méfiance prévaudront.

Le premier volet concerne l’accès au «minimum vital». Vous avez, avec raison, évoqué les questions immobilières et annoncé des réformes pour contenir les prix. Mais pour répondre au problème du «mal-logement» (qui touche 8 millions de personnes) et donc de l’accessibilité à des logements sociaux, l’État pourrait en créer à partir de son propre patrimoine immobilier au lieu de le vendre ! Allant au-delà des dispositions existantes, il pourrait encourager plus fortement les propriétaires privés à créer des logements sociaux, parallèlement favoriser la construction de logements coopératifs sur des terrains de l’État ou municipaux. La vraie maîtrise des prix du logement passe par de telles mesures devant être prises de façon prioritaire. D’autres dispositions devant concerner la santé : notamment un processus de santé gratuit pour les familles les plus défavorisées.

Le deuxième concerne les prix. Sans vouloir rétablir un «contrôle des prix» comme dans le passé, il faut, d’ailleurs, instaurer une «conférence annuelle sur les prix» destinée à dire la vérité en fondant, avec l’Insee, un indice réaliste des prix ; mais surtout en fixant des «objectifs de prix» pouvant conduire à une taxation des entreprises de production ou distribution ayant un comportement inflationniste, pratiquant des marges injustifiées. Conférence qui pourrait aussi instituer les règles d’un «commerce équitable» à la française, les produits et services respectant celles-ci pouvant faire l’objet d’une TVA adaptée, donc elle-même équitable. Cette labellisation de fait encouragerait les entreprises à changer de comportement.

Le troisième volet concerne l’emploi et les salaires. Le démantèlement progressif des 35 heures, la réduction de l’épargne (sortie des fonds de participation) ne résoudront pas le problème clé : trouver du travail pour tous !

J’émets le souhait que votre politique prenne un cap plus social

En matière d’emploi, l’urgence est de créer des quotas en faveur des TPE et PME dans le cadre des marchés publics, de relancer, voire regrouper, tous les pôles de compétitivité ou d’excellence créés par les précédents gouvernements, de lancer immédiatement les grands travaux liés au «Grenelle de l’environnement», donc de doper l’offre et, du coup, les activités et les emplois. Elle est aussi d’accroître beaucoup plus fortement qu’annoncé les budgets de recherche, de formation avec un plan national de qualification à lancer immédiatement en accord avec tous les partenaires sociaux en faveur de tous les salariés jeunes et moins jeunes insuffisamment préparés (si 15 % des salariés sont au smic, cela est dû en premier lieu à leur sous-formation).

En matière de salaires, l’urgence concerne l’indispensable rééquilibrage de la répartition des résultats des grandes entreprises (particulièrement cotées) entre actionnaires et salariés en faveur de ces derniers défavorisés depuis dix ans. Elle concerne aussi le nécessaire passage des temps partiels contraints à des temps pleins sans oublier qu’une bonne partie de la pauvreté en France vient de ce problème non traité et qu’il est prioritaire de s’y attaquer plutôt que de mettre en cause le temps légal hebdomadaire de travail. L’urgence est également de permettre l’accès à un salaire pour les jeunes, les quinquagénaires et les sexagénaires en créant un «système d’emploi jeunes et personnes expérimentées» s’inspirant des dispositifs testés au début des années 2000 qui avaient contribué à la réduction du chômage.

Sans amender d’un côté, renforcer de l’autre le plan d’action que vous avez annoncé la semaine passée, vous risquez, monsieur le président, non seulement de mécontenter les syndicats début 2008, mais surtout de créer dans tout le pays un sentiment immense de frustration génératrice d’événements graves.

Par cette interpellation publique, monsieur le président, j’émets le souhait que votre politique prenne un cap plus social et, si vous le permettez, plus humain !

Lefigaro.fr

Libellés : ,

sites&blogs Annuaire politique